
Parle-moi de toi, Louis Charles Joseph…
Je suis né le 13 avril 1758 à Varenguebec, fils de Louis Germain, garde des bois de Monseigneur le Duc de Coigny et de Marie Anne FERRIERE. Mon parrain est Joseph LEDANOIS, Sieur de la Meslinerie, Bailli haut justicier de Varenguebec, Maître des Eaux et Forêts et juge de police de Varenguebec et du duché de Coigny, Conseiller au Présidial de Coutances, assisté de Jeanne Charlotte FAUVEL de LARQUERIE, son épouse. Je suis l’aîné d’une fratrie de neuf enfants mais hélas l’un de mes frères est décédé, à 21 ans et un autre frère ainsi que deux sœurs, se sont éteints en bas âge, dont la petite dernière, Marie Anne Charlotte qui était ma filleule.

Parle-moi de toi, Marie Anne Françoise…
J’ai vu le jour, le 26 avril 1759, aux Moitiers-en-Bauptois. Mes parents sont Jean Pierre LEROUX, laboureur et Jeanne Catherine LEGASTELOIS. J’ai été portée sur les fonts baptismaux par François et Marguerite Françoise LEROUX, mes oncle et tante. Comme Louis, je suis l’aînée de notre fratrie, composée de cinq filles et un seul garçon. Hélas, trois de mes sœurs sont décédées, en bas âge et la benjamine nous a quittés à 22 ans. Je suis d’autant plus proche de mon frère Jean François qu’il a épousé, Anne Françoise LACAUVE, la sœur de Louis. J’ai aussi deux demi-frères, issus du premier mariage de ma mère avec Pierre HASLEY mais je ne connais que l’aîné, le cadet étant décédé, avant ma naissance.
Raconte-moi votre mariage
C’est en l’église des Moitiers que nous avons reçu la bénédiction nuptiale, le 25 janvier 1785, entourés de nos parents et amis. Marie avait déjà perdu son père et c’est sa mère, son demi-frère Jean Baptiste HASLEY, et son oncle, Joseph Jean Germain LEGASTELOIS qui ont été ses témoins. Quant à moi, j’étais assisté par mon père et par mon oncle maternel, Jean François MALASSIS. Tout le monde a signé sauf la mère de Marie qui ne sait.

Parle-moi de vos enfants…
J’ai mis six filles au monde mais malheureusement, comme trop souvent à notre époque, trois d’entre elles ont eu une vie bien brève. Toutes sont nées à Varenguebec où nous habitons, depuis notre mariage.
- Marie Anne s’était annoncée dès avant les noces et elle est née le 17 décembre 1785. Mais elle n’a partagé notre vie que pendant deux ans, elle s’est éteinte, le 11 janvier 1788.
- Sa cadette qui a vu le jour le 25 juillet 1787, tu la connais bien puisque c’est ton ancêtre, Anne Louise qui a épousé Jean François Sylvestre HASLEY.
- Le 21 août 1789, j’ai accouché de Marie Louise Françoise. Ma sœur Gabrielle Louise a été sa marraine, assisté d’un cousin, Jean HASLEY. Elle est restée célibataire toute sa vie qu’elle a su bien gérer, en vivant de son travail de cultivatrice.
- Thérèse Madeleine Mélanie est venue au monde, le 22 juillet 1791 et s’est mariée, le 12 avril 1815, avec Charles Raphaël LEDANOIS, son père était potier comme beaucoup dans cette famille mais lui a d’abord été cultivateur puis garde des bois, comme l’était mon beau-père, mais lui c’était de Messire de Menildot. Ils sont partis vivre à Vindefontaine.
- C’est le 22 février 1793 que nous est née, Marie Anne Charlotte. Mon demi-frère, Jean Baptiste HASLEY et son épouse, Suzanne LEDANOIS sont allés la déclarer à la mairie, avec Louis. Mais nous avons eu la tristesse de la perdre, le 1er août 1796.
- Notre petite dernière, Marie Jeanne Victoire, a vu le jour, le 7 janvier 1796, mais elle n’a survécu que quelques mois à sa sœur qu’elle a rejointe au ciel, le 8 décembre 1796.
Après cette triste année, je n’ai plus donné la vie puisque, les malheurs s’enchaînant, le 3 juillet 1797, c’est Louis qui décède. Il n’a que 39 ans et j’en ai 38. Je ne me suis pas remariée et j’ai élevé seule, mes trois autres filles, fière de cultiver la terre comme je le faisais déjà avec mon époux qui était laboureur. Je suis restée veuve pendant trente et un an, avant de finir ma vie, le 19 février 1828.
Leurs biens que j’ai pu retrouver…
Je n’ai trouvé ni contrat de mariage, ni inventaire après décès, ni aucun autre acte notarié où ils auraient été directement acteurs. Mais le 8 janvier 1828, devant le notaire de Picauville, leurs filles, Anne Louise, autorisée de son époux, Jean François Sylvestre HASLEY et sa sœur cadette, Marie Louise Françoise ont vendu à Adolphe, Henriette, Marie et Florentine MARGUERIE, frère et sœurs, des biens qui leur appartenaient, à savoir :
- 1° « Deux maisons à usage de cuisine a un escalier en dehors, deux etables de fonds en comble, cour autant qu’il en dépend et un jardin attenant derrière contenant environ quatre ares huit perches ancienne mesure. Le tout se tient, est borné par les héritiers Jean Louis LACAUVE, la rue de l’église, les héritiers Jean LACAUVE, Jean ANSOT et les héritiers Pierre LACHET »
- 2° « La moitié à juste mesure d’une portion de terre contenant en totalité environ seize ares cinquante centiares trente trois perches, à prendre dans une pièce en labour, plantée en pommiers, nommée Le clos Lucas, la portion vendue est bornée par Marie LACAUVE, Pierre HOGUET, Pierre LEROUX et la route de l’église, cette portion sera prise sur le travers.«
« Tous ces immeubles sont situés en la commune de La Bonneville, triage de la Vallée. Ils appartiennent, ceux de l’article premier à la femme HASLEY et la fille LACAUVE pour chacune moitié et la portion de terre de l’article deux à la femme HASLEY seule et le tout dépendant de la succession de Louis LACAUVE, père des vendeuses. »

Je ne pense pas que Louis et Marie Anne aient cultivé cette pièce de terre, Varenguebec étant situé en dessous des Moitiers et surtout la rivière Douve et les marais séparent ces deux villages de La Bonneville. Ces propriétés appartenant à Louis et dont ses filles ont hérité, devaient être dans la famille LACAUVE depuis plusieurs générations, au vu des propriétaires qui les entourent. C’est un patronyme peu porté. La Bonneville est un des villages, souche de la famille, l’autre étant Picauville, au moins en remontant jusqu’à ce que les actes me permettent de savoir.
Ils devaient sûrement posséder maison et terres à Varenguebec et/ou aux Moitiers où la famille de Marie Anne est implantée depuis de longues années aussi. Peut-être les découvrirai-je un jour ?