Banon, village le plus haut perché de mes ancêtres

Je n’ai pas d’ancêtres montagnards alors, pour relever le défi du mois, j’ai eu envie de chercher ceux qui ont vécu au plus près des montagnes. Ils doivent sûrement se trouver dans les Alpes-de-Haute-Provence. J’ai d’abord pensé que c’était à Forcalquier, ville dont dont la devise est « Pus aut que les Aups » (« Plus haut que les Alpes »). Un peu prétentieuse comme devise quand le sommet est à 904 m et l’altitude moyenne a 651 m ! Et c’est le village de Banon qui a gagné avec son point culminant à 1 104 m et son altitude moyenne de 774 m.

L’arrivée sur Banon, commune des Alpes-de-haute-Provence – Photo Jean-Marc Rosier

J’ai quand même vérifié si dans les nombreux autres départements et dans les villes de Belgique ou à Coesfeld en Allemagne où ont vécu mes ancêtres, il n’y avait pas une commune qui soit plus en altitude. Et bien non, c’est bien Banon la gagnante et j’ai compris, par ce survol topographique de mes communes, pourquoi je préférai marcher en terrain plat plutôt qu’en montagne !

Le village de Banon

Je suis donc partie à la découverte de ce village que je n’avais pas encore pris le temps d’explorer virtuellement car mes ancêtres qui y ont vécu sont en haut de mon arbre et récemment découverts. Et je suis tombée sous le charme de ce bourg, adossé au plateau d’Albion, entre la Montagne de Lure et le Ventoux, à 25 kilomètres au nord-ouest de Forcalquier sur un site perché dominant la vallée du Coulon. Protégé derrière ses remparts, le village s’est étendu progressivement vers la vallée.

Extrait de la Carte de Cassini

La commune est fréquentée depuis le Paléolithique avant d’être un hameau gallo-romain et l’on trouve mention de son village fortifié, le castrum Bannoni, dans les chartes du XIe siècle. La partie médiévale de Banon, située au sommet du bourg, est délimitée par les vestiges des remparts protégeant l’ancien château qui existait déjà au début du XIIe siècle et appartenait aux SIMIANE, seigneur de Banon. Ce château fut remanié au XIIIe et remplacé au XVIIIe par un château assez modeste qui sera incendié à la Révolution.

Je suis ravie de découvrir qu’à pied, on pénètre toujours dans le vieux bourg, par ce portail du XIVe siècle par lequel sont donc passés mes ancêtres. Il a été renforcé, au XVIe siècle avec la bretèche (balcon) à mâchicoulis. Les ruelles en calade* sont bordées de maisons anciennes. Mes ancêtres ont peut-être vécus dans l’une d’elles datant pour certaines du XVIe siècle ?

Banon – Rue des Arcades – CPA – Geneanet

C’est dans la ville haute qu’a été construite l’église médiévale. D’abord chapelle pour les habitants du château, elle devient officiellement église paroissiale en 1350. Agrandie en 1652 puis en 1733, elle a été saccagée lors de la Révolution avant d’être restaurée en 1826. Du haut du village, la vue est splendide sur la vallée du Calavon et la montagne de Lure.

Photo Véronique PAGNIER – Wikipedia

De quoi vivaient les Banonais à l’époque de mes ancêtres ? Des vignobles sont attestés mais pas sûr qu’il en soit de même pour la culture de la lavande qui, de nos jours, embaume et crée comme un écrin d’un bleu lumineux au pied du village. Ce qui est sûr, c’est que Banon est connu depuis l’époque romaine pour son fromage de chèvre qui porte son nom, né de la nécessité pour les familles de consommer des protéines en hiver. Pour ce faire, les bergers pliaient leurs tomes dans des feuilles de châtaignier. qui maintenaient le fromage moelleux et parfaitement consommable en hiver, période de tarissement du lait des chèvres. Au XVIIIe siècle, une foire se tenait à Banon et ce fromage local devait y être en bonne place.

Mes ancêtres qui y demeurèrent

C’est à la 9ème génération que j’arrive à Banon avec Jeanne PALHIER et je n’y ai que ce patronyme dont je n’ai pas eu de difficultés à remonter l’ascendance, en le découvrant sur le site « Anciennes familles de Provence ». Je remonte ainsi jusqu’à Charles PALHIER, mon Sosa 7 160, qui serait né à Gordes, dans le Vaucluse. J’ignore si son mariage avec Jehanne RITAN a eu lieu à Gordes ou à Banon où on le retrouve notaire royal, à partir de 1596. Difficile de savoir également quand et où sont nés leurs enfants, Gordes n’ayant plus de registres paroissiaux pour cette période et ceux de Banon sont très pâles et lacunaires pour ces années. Je ne les connais donc que par la mention de leurs contrats de mariage.

Baptistine se marie la première, le 7 septembre 1608, avec Pierre NOEL, chirurgien de Banon, fils de Pierre. Mon ancêtre Jehan est donné pour cadet. Il convole vingt ans plus tard que son aînée, ce qui m’a un peu étonnée. C’est à Reillanne, situé à 21 km, qu’il épouse, le 19 novembre 1628, damoiselle Suzanne GUEYDAN, née le 18 août 1613, fille de Jean et de Douce AUDIBERT. Les GUEYDAN sont aussi une ancienne famille de Provence dont je peux remonter l’ascendance. Je ne connais pas l’âge du marié mais la mariée est bien jeune, ayant tout juste 15 ans.

Puis sont venues au monde, deux filles, Diane et Jehanne dont les contrats de mariage ont lieu le même jour, 30 août 1620, avec deux frères, Jean GLEISE, baile** de Mane, situé à 19 km de Banon, et Jacques GLEISE, fils de Louis et d’Anne GAFFAREL. Je n’ai hélas aucun de ces actes notariés, mentionnés sur « Anciennes familles parisiennes » mais j’espère les consulter un jour. Charles PALHIER décède le 17 septembre 1660.

Jean PALHIER et Suzanne GUEYDAN ont eu sept enfants, François né en 1632, Jeanne en 1635, Marguerite en 1638, Charles en 1640, Blaise Marie dont je descends en 1643, Jean en 1645 et Jeanne en 1649.

Blaise Marie PALHIER est baptisé le 1er janvier 1643, par Blaise FEROLIN, docteur aux droits au lieu de Valence (mot rayé) et noble Marie de SIMIANE, fille de feu haut et puissant Messire Bertrand de SIMIANE du Crest en Dauphiné.

C’est à Saint-Martin-de-Castillon, à 25 km de Banon, qu’il va prendre pour femme, damoiselle Anne CHAURIAN, née vers 1642, fille de Gabriel et d’Hélène LAUTHIER. Là encore, un contrat de mariage a été passé, le même jour.

Le couple donne naissance à dix enfants, Suzanne en 1672, Marguerite en 1673, Jean François en 1675 dont la vie bien brève s’achève en 1676, Joseph en 1677, Placide en 1679 qui hélas ne vivra que 7 ans, Anne dite Nanon en 1681 qui décède à 6 ans, Jean François en 1685, Jeanne, mon ancêtre, en 1687, Anne Thérèse en 1690 et Charles en 1694. Blaise Marie décède le 6 mai 1714, âgé d’environ 71 ans et son épouse, Anne lui survit jusqu’au 25 mai 1722, elle a environ 80 ans.

Jeanne PALHIER est baptisée le 22 novembre 1687. Elle a pour parrain son frère Joseph et pour marraine Marie Anne ROMANI.

Elle se marie à Banon, le 30 janvier 1719, avec Pierre ARNAUD, marchand filetier à Sisteron, fils de feu Noël et d’Esperitte Marie CHAUVIN.

Et c’est là que s’achève l’histoire de mes ancêtres à Banon puisque tous les enfants de ce couple verront le jour à Manosque mais c’est une autre histoire. PALHIER est donc bien le seul patronyme banonais de mes ancêtres puisque Jehan et Blaise sont allés chercher femme ailleurs. À moins que Jeanne RITAN, épouse de Charles soit native de Banon où il y a quelques porteurs de ce patronyme fin XVIe début XVIIe. La consultation des contrats de mariage de leurs enfants me permettra peut-être de le savoir, par la présence de témoins RITAN.

Et voici le chemin de mes ancêtres qui m’amène à ce bien joli village.

Mais ce ne sera pas mon seul article sur Banon. Je reviens vite vers vous pour vous parler plus particulièrement de mes PALHIER, dans leur fonctions de notaires royaux, car Jehan et Blaise Marie l’étaient comme leur père Charles.

Lexique

  • * une rue encaladée désigne en Provence, une chaussée pavée de galets fluviatiles ou empierrée de pierres calcaires. Dans ce dernier cas, les pierres sont posées verticalement, sur chant. Les calades sont des ruelles pavées typiques des villages du Lubéron, bordées souvent par de jolies maisons traditionnelles en pierre.
  • ** agent domanial du roi ou d’un seigneur, investi de pouvoirs identiques à ceux du prévôt

Sources

Un bien joli diaporama sur Banon qui donne vraiment envie d’y aller, par Dominique Cathala

Le village de Banon

https://villages-et-villes-de-france-fr.over-blog.com/2015/10/banon.html

Commune de Banon

Les PALHIER et les GUEYDAN sur le site « Anciennes familles de Provence »

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