U comme… Un patronyme du cru

Même si j’ai déjà parlé de l’un ou l’autre des porteurs de ce patronyme, il fallait bien que je consacre un article entier à mes ancêtres PINARD, du village de Saint-Désert, d’autant que c’est ma plus grande lignée de vignerons. Mais comme je choisis de remonter le temps ce n’est pas par eux que je vais commencer.

Claude PINARD, sosa 106

Il vient au monde, le 9 février 1760, fils de Joseph, vigneron et de Jeanne BONTEMPS. C’est son grand-père, Claude BONTEMPS, vigneron qui le porte sur les fonds baptismaux. Il se marie, le 30 janvier 1787, avec Marie GARLOT, née le 13 août 1761, fille de Jean Baptiste, vigneron et de Anne DOUHAIRET.

On pourrait s’attendre, entouré de tous ces vignerons que Claude le soit aussi. Et bien non, sur l’acte il est dit couvreur et sur d’autres actes, il est précisé couvreur à laves. Voilà qui est intriguant.

« Les couvertures de lauzes sont typiques de la Bourgogne calcaire où elles sont appelées des « laves ». L’origine étymologique vient probablement du verbe « lever », déformé oralement en « laver ». En effet, la pierre calcaire disposée en fines strates était détachée à l’aide d’un levier. Ainsi s’exprimait le patois bourguignon : « J’ lave la piarre » pour « Je lève de la pierre ».
Les laves sont issues de fines stratifications du substrat rocheux datant du Jurassique supérieur. Elles ont été sélectionnées pour leur qualité non gélive. Chaque lave est façonnée sur au moins 3 cotés et possède une forme particulière suivant sa place sur le toit (en gouttière, en rive, en faîtière…).
Emblématique d’un patrimoine bâti rural, ce type de couverture est le fruit d’un savoir-faire peu répandu. Les couvertures en laves sont principalement présentes sur de nombreuses églises romanes, des lavoirs, des fours à pain, des porches, des puits, des murs de clôtures, etc. » (1) 
Cabane de cantonnier avec toit en laves sur la route d’Annoux – Thisy –
Wikipedia Commons

Claude et Marie ont eu cinq enfants. Son fils, Claude sera lui aussi couvreur à laves, comme son père, et à son tour, il a transmis son savoir-faire, à son fils, Jules François. Je descends de Claudine Julie, épouse de Lazare PELLETIER qui m’a reçue, hier, dans sa maison de Saint-Désert.

Claude décède le 11 octobre 1834, âgé de 74 ans. Marie lui survivra encore, pendant 15 ans, atteignant l’âge de 86 ans à son décès, le 7 janvier 1848.

Joseph PINARD, sosa 212

C’est le 28 octobre 1717 qu’il voit le jour, fils d’Antoine, vigneron et de Magdeleine GAILLARD. Autour de son berceau, il y a son parrain, Joseph GAILLARD, vigneron, et sa marraine, Claudine DELACROIX, épouse de Claude DELARUE, fermier.

Et le 13 février 1759, c’est le jour de ses noces avec Jeanne BONTEMPS, née le 15 mais 1730, fille de Claude BONTEMPS, vigneron et de Marie PASQUELIN. Entouré de tous ces vignerons, il n’a sans doute pas envisagé une autre profession.

Joseph et Jeanne n’ont, hélas, eu le temps de donner naissance qu’à trois enfants. Joseph a le grand chagrin de voir la faucheuse emporter Jeanne, alors qu’elle n’a que trente-deux ans. Voilà Joseph, seul avec ses trois petits dont la dernière n’a pas trois mois et les deux autres, âgé de trois et deux ans avaient encore bien besoin de leur maman. Joseph qui était plus âgé que Jeanne a alors quarante-six ans.

Et ses trois enfants, déjà bien éprouvés, vont l’être encore plus puisque cinq ans plus tard, c’est Joseph qui perd la vie, le 30 janvier 1768.

Je ne sais par qui ont été pris en charge les trois orphelins. Joseph n’aura pas eu le plaisir que j’ai eu de découvrir le beau savoir-faire de son fils, Claude. On comprend mieux que ce dernier ne soit pas devenu vigneron, comme son père qu’il n’a guère eu le temps de voir travailler. Je n’ai pas trouvé dans son entourage un autre couvreur qui aurait pu le prendre en apprentissage pour lui transmettre ce métier. Sa fille Claudine se marie le même jour que son frère, avec Claude JACOB qui est charron. Quant à la petite Pierrette, j’ai bien peur qu’elle n’ait pas survécu longtemps.

Antoine PINARD, sosa 424

Il naît le 20 août 1690, fils de Jean l’Ancien, vigneron et de Pierrette JACQUET et il épouse, le 4 février 1716, Magdeleine GAILLARD, née le 28 octobre 1896, fille de Louis, vigneron et de Claudine CHEVREUIL. Ils donneront naissance à sept enfants dont l’aîné est Joseph que nous venons de rencontrer.

Mais la mort frappe encore, Magdeleine, elle aussi, décède bien jeune, à trente-sept ans, le 31 juillet 1734. Je n’ai pas trouvé de remariage pour Antoine et en tous cas, il est veuf, à son décès le 21 juillet 1757. Il semble donc avoir élevé seul leurs sept enfants dont l’aîné à dix-sept ans et le plus jeune deux ans, au décès de leur mère. Je ne sais malheureusement pas ce que sont devenus quatre d’entre eux. J’ignore quand Anne s’est mariée avec Philibert GINARD et ne connais ce dernier que parce qu’Anne est décédée, âgée de quatre-vingt-huit ans, chez son mari, à Gergy qui se trouve à 22 km de Saint-Désert. Quant à Pierrette, elle est ouvrière, à Chalon-sur-Saône, quand elle meurt, âgée de soixante-huit ans.

Jean l’Ancien, sosa 848

Je connais peu de choses sur lui si ce n’est qu’il est vigneron, fils de Charles et de Étiennette RONFARD et qu’il a épousé Pierrette JACQUET, née vers 1661, fille de Claude, vigneron et de Pierrette DEMORTIERE. Ils mettront au monde six enfants mais le premier n’aura même pas le temps d’être nommé. Le second est mon ancêtre, Antoine que l’on vient de découvrir. Je ne sais ce qu’est devenue Marguerite et les deux plus jeunes ont eu une vie bien brève. Quelle terrible année en 1706, le petit Claude a sept ans quand il décède le 5 août et le 8 septembre c’est Pierrette, la maman qui est emportée, elle a 47 ans ! La petite Noele ne lui survivra pas de beaucoup puisqu’elle s’éteint à 5 ans, en 1708.

J’ai trouvé un mariage d’un Jean PINARD, le 8 février 1707, avec Françoise FRANÇOIS. Il pourrait s’agir de lui mais il n’est pas dit veuf alors que l’épouse est dite veuve. Et puis, il n’est pas dit non plus l’Ancien, ce pourrait donc tout à fait être aussi un remariage de son jeune frère. Et comme sa filiation n’est pas non plus indiquée et que le témoin est le recteur d’école, je ne l’ai pour l’instant pas intégré dans mon arbre.

Selon les actes, Jean est dit manouvrier ou vigneron. Il ne doit donc sûrement pas travailler sur des terres qui lui appartiennent. Je n’ai pas trouvé à quelle date, il est décédé. Il n’est pas dit défunt aux mariages de ses enfants en 1716 et en 1717 mais en même temps, Pierrette qui est décédée n’est pas mentionnée comme tel.

Charles PINARD, sosa 1696

Il est venu au monde vers 1626 et a épousé, je ne sais à quelle date Étiennette RONFARD, née vers 1640. Le couple a eu cinq garçons et cette fois-ci, tous ont atteint l’âge adulte et se sont mariés.

Hormis Antoine qui est cordonnier, les quatre autres sont vignerons, de même que leur père. Charles décède le premier, le 6 juin 1686, âgé de 60 ans.Il aura donc pu être présent seulement, au mariage de Pierre, alors qu’Étiennette a été de toutes les noces. Elle se remarie, le 7 janvier 1688, avec Regnaud DELAVIGNE, vigneron ça va de soi ! Elle s’éteint le 24 février 1710, âgée d’environ 70 ans.

Alors que j’ai pour la plupart de mes ancêtres trouvé la précision du hameau où ils habitent, pour tous les PINARD, c’est toujours indiqué simplement Saint-Désert, je pense donc qu’ils sont du Bourg.

Le patrimoine PINARD est très répandu et on le trouve partout pas seulement dans des régions viticoles.

D’autres patronymes du cru

Parmi les collatéraux ou les parrains et marraines, j’ai trouvé d’autres patronymes, bien appropriés aux vignerons. On vient de voir Regnaud DELAVIGNE mais c’est encore plus amusant, quand ils sont associés.

Pierre VERJUS et Marie DELAVIGNE,

Charles PRESSAVIN

Je l’ai plusieurs fois comme parrain. Ce patronyme là est beaucoup moins courant et plus localisé, entre Lyon et Dijon.

Sources

Martin MURIOT, lavier-murailler en Bourgogne

Les toits en laves du Châtillonnais

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