
Avec ce Challenge, je souhaite raconter, pas à pas, l’ascendance de mes arrière-grands-parents paternels, Louis Joseph FRERET et Marie Anne Elisabeth HASLEY dont j’aiparlé ici et là. Tous ont vécu dans la Manche, hormis un petit rameau caché dans le Calvados.
Louis Charles FRERET
Il est né le 9 septembre 1809, à Picauville, fils de Jean Pierre dit Clainville, laboureur et de Anne Marguerite LAGOUCHE. C’est le troisième enfant d’une fratrie de six mais Louis Charles a également un demi-frère et une demi-sœur, d’un premier mariage de son père.
Picauville, berceau de la famille FRERET, pendant au moins deux siècles, est au cœur du « Parc Naturel Régional du Cotentin et du Bessin ». Mais ce n’est que depuis 2016 que la commune a cette étendue, ayant absorbé tous les villages environnants dont Vindefontaine et Les Moitiers-en-Bauptois, où ont vécu mes ancêtres, et qui jouxtaient Picauville au Sud et Sud-Ouest.

Le cœur de la commune, c’est le bourg de Pont-l’Abbé dont le marché du vendredi a une histoire très ancienne.

Comme l’évoque l’avernom de son père, donné aussi à Louis Charles, aux Moitiers, la famille devait demeurer au village de Clainville, au bord de la Douve. C’est exactement, en face, au village de la Guenauderie, de l’autre côté de la rivière que l’on retrouvera plus tard le couple.

Marie Louise Jeanne ROUY
C’est au Plessis, à 13 km au sud de Picauville que Marie Louise Jeanne voit le jour, le 24 juin 1812. Elle est la fille de François Alexis ROUY, meunier et de Louise MOREL qui habitent à Lastelle, village qui jouxte Le Plessis. Sur son acte de baptême qui a lieu le jour même, le curé du Plessis nous raconte que sa mère « étant venue chez ses parents, surprise des douleurs de l’enfantement a accouché chez son père demeurant en cette paroisse ». C’est sa tante, Thérèse Françoise Victoire MOREL qui l’a portée sur les fonds baptismaux. Marie Louise Jeanne est fille unique car elle a eu le chagrin de perdre sa maman, le 2 juillet 1815, alors qu’elle avait tout juste trois ans. Son père s’est remarié le 13 février 1817 avec Louise ANQUETIL avec qui il a eu un petit François, le 1er février 1818 mais il s’est éteint le lendemain.

Leur mariage
Mais c’est aux Moitiers-en-Bauptois qu’il se marient, le 12 janvier 1831, âgés de 21 et 18 ans. Les parents de Marie étant décédés, elle est représentée par son oncle et curateur, Jean Thomas ROUY. Le père de Louis est aussi défunt et c’est son demi-frère, Jacques Augustin dit Clainville et son frère, Pierre François qui l’assistent.
Le lendemain, un contrat de mariage est passé à Picauville et il contient une information bien intéressante qui explique pourquoi le mariage a lieu aux Moitiers. « Marie ROUI agit du consentement et sous l’assistance de Jean ROUI, son oncle, cultivateur ici présent demeurant en la commune de Vindefontaine, nommé son curateur ad hoc suivant la délibération du conseil de famille » et« … en faveur de ce mariage Louise ANQUETIL, cultivatrice, veuve de François ROUI demeurant aux Moitiers ici présente fait donation entre vifs au profit de la future, sa belle fille, la moitié d’une maison à usage de grange et étable avec les greniers de fond en comble cour devant et derrière et d’un champ planté de pommiers. Le tout se tenant ensemble contient environ dix ares sans garantie de la mesure situé aux Moitiers en Bauptois et borné par M. […]bert, Louise Anquetil et un chemin […] Elle en aura possession et jouissance au décès de la donatrice ». Curieusement, cette donation est écrite dans la marge de l’acte, attaché par le bas, et donc la fin est un peu difficile à lire.

Je savais que mon arrière-grand-père, Louis Joseph FRERET avait hérité la maison des Moitiers de sa mère, ayant vu l’acte d’achat de la dernière propriétaire. Ce contrat de mariage me permettrait de remonter d’une génération sur l’histoire de cette maison. Mais je ne comprends pas bien à quoi correspond la moitié d’une maison. À qui appartenait l’autre moitié ? Et à l’époque où mes arrière-grands-parents y vivaient, ce n’était pas une grange mais une maison d’habitation. Est-ce Louis Charles et Marie Louise Jeanne qui l’ont transformée pour y habiter, quand ils en ont eu la jouissance au décès de Louise ANQUETIL, le 27 février 1858 ? Ou bien est-ce Louis Joseph et Marie Anne Elisabeth, quand ils en ont hérité en 1864, après le partage de la succession de Marie Louise Jeanne ?

Du temps où la mairie des Moitiers existait encore et où le maire, Rémy MARIE, était un ami, j’avais pu photographier les pages du « Registre des mutations de propriétés » qui concernaient mes ancêtres et également l’original du Plan cadastral napoléonien de 1828. Mes photos sont de meilleures qualités que la numérisation en ligne sur le site des AD. Quelle chance, car en les reprenant je peux lire les numéros de parcelles et resituer toutes les propriétés de Louis Joseph et de Louis Charles !


Les deux listes sont différentes. Seuls deux parcelles sont sur les deux pages : 118 (La Guenauderie, bât. et cour) et 860 (Le grand chemin, labour). La description de la 118 correspond beaucoup plus à la donation « la moitié d’une maison à usage de grange et étable avec les greniers de fond en comble« . La maison 122 qui jouxte la 118 sur le plan serait bien l’autre moitié de maison. Et la parcelle 119 qui est en dessous et qui appartient à Louis Charles mais pas à Louis Joseph est très certainement « le champ de pommiers » de la donation, « le tout tenant ensemble ». Hormis la parcelle 860 qui a appartenu, successivement aux deux mais qui n’est pas à la Guenauderie, j’ai pu resituer toutes les parcelles sur le Plan cadastral. En rouge, c’est la parcelle 118, appartenant donc successivement aux deux. En bleu, ce sont les propriétés de Louis Charles et en vert, celles de Louis Joseph. La maison où ont vécu mes arrière-grands-parents et dans laquelle j’ai eu la chance d’entrer est celle entourée en vert. Mais sur le plan, elle est située sur les parcelles 201 et 202 alors que sur le « Registre des mutations de propriétés », elle est inscrite sur les parcelles 200 et 201. Sûrement une erreur car tout le reste correspond bien avec le jardin attenant en 210, le long du chemin qui va au marais. Je n’ai malheureusement pas trouvé le partage de la succession de Marie Louise Jeanne, passé sous seing privé, mais ce n’est donc pas la maison 118, reçue en dotation de sa belle-mère, que Louis Joseph a reçu en héritage et dans laquelle il a vécu. Quelle est donc l’origine de cette propriété ?

À suivre leur vie dans une seconde partie…
Tu as tous mes encouragements pour ce Challenge !
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Bel article inaugural pour ce nouveau challenge, que j’aurai plaisir à lire !
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