Jean Pierre FRERET dit Clainville et Anne Marguerite LAGOUCHE, sosas 32 et 33

Jean Pierre FRERET dit Clainville

Il naît le 13 octobre 1775 à Picauville, fils de Jacques, artisan et laboureur et de Marie Catherine JEAN. Mais malheureusement quand il a ouvert les yeux, il n’a pas vu son père, décédé le 3 juin, âgé de quarante et un an. À son baptême, il est entouré par son parrain, Jacques MARION et sa marraine, Anne LEHOUESLEUR. Jean Pierre est donc le dernier d’une fratrie de quatre enfants que sa mère élève seule, sans se remarier.

Je ne sais malheureusement pas dans quel quartier ou hameau de Picauville la famille demeure, les actes de cette commune ne le précisant jamais. Alors j’imagine qu’ils vivaient peut-être dans une de ces maisons du village de Clainville, au bord de la Douve, d’où provient leur surnom, depuis plusieurs générations.

Clainville – Extrait du Plan cadastral napoléonien de 1810

Le 6 septembre 1795, il n’a pas encore vingt ans quand il se marie, à Picauville, avec Jeanne LAGOUCHE, née le 11 décembre 1774, fille de Nicolas et de Marie JEANNE dit Boucherot. Son écriture est encore bien hésitante.

Ils donnent naissance à deux enfants :

  • Jacques Augustin, le 23 octobre 1796 qui épouse, le 13 février 1823, Véronique Françoise LEHOUESLEUR.
  • Marguerite Jeanne Catherine, le 18 novembre 1799 qui se marie, le 15 juillet 1822 avec Jean François Guillaume HAMELIN

Mais le 9 avril 1980, Jean Pierre a la douleur de perdre son épouse, âgée de tout juste 25 ans.

Anne Marguerite LAGOUCHE

Elle vient au monde le 11 mars 1780, aux Moitiers-en-Bauptois, fille de Charles LAGOUCHE, laboureur et de Anne MARION. Elle est la cadette d’une fratrie de huit enfants, deux garçons et six filles. Anne Marguerite est portée sur les fonds baptismaux par Anne ADAM, veuve de Jacques MARION, de Picauville, assistée par son fils Louis MARION. Il s’agit très certainement de sa grand-mère et de son oncle.

Leur mariage et leurs enfants

C’est le 7 juillet 1804 que Jean Pierre se remarie, aux Moitiers-en-Bauptois avec Anne Marguerite. Mais auparavant il leur a fallu demander une dispense d’affinité, car Anne Marguerite est parente du deuxième au deuxième degré, avec Jeanne LAGOUCHE, sa première femme. « Jean LAGOUCHE a eu deux fils Nicolas et Charles. De Nicolas est sortie Jeanne, 1ère épouse du suppliant et de Charles est sortie Anne Marguerite, suppliante ». En d’autres termes, Jeanne et Anne Marguerite sont cousines. La dispense leur a été accordée, le 25 juin 1804. Sa signature est plus précise et celle d’Anne Marguerite laisse à penser qu’elle a été à l’école.

Jean Pierre est dit journalier sur la dispense et cultivateur sur son acte de mariage. Anne Marguerite est fileuse. Ensemble, ils ont six enfants, trois garçons suivis de trois filles qui naissent tous à Picauville.

  • Jean naît le 18 avril 1805 et part dans le Calvados où il se marie avec Louise MORIEUX, le 25 juillet 1836, à Condé-sur-Noireau où il deviendra hôtelier.
  • Pierre François voit le jour le 12 janvier 1807. Il est tisserand quand il se marie, le 10 février 1830, à Crosville-sur-Douve avec Marie Aimée Henriette ANSOT.
  • Le 9 septembre 1809, c’est la naissance de mon ancêtre, Louis Charles.
  • Marie Anne vient au monde le 10 juin 1812 mais sa vie sera bien brève car elle décède, âgée de deux ans, le 21 juin 1814.
  • Une autre petite Marie Anne viendra combler ce vide, le 25 mars1815 mais elle rejoindra sa sœur, comme elle à l’âge de deux ans, le 24 novembre 1817.
  • La benjamine, Anne Françoise, née le 18 avril 1818, est la seule fille à atteindre l’âge adulte. Elle épouse, le 4 février 1844, à Crosville-sur-Douve, Louis Léonard ANSOT, le frère de sa belle-sœur.

Leurs biens

Le 1er mai 1813, Jean Pierre et sa femme vendent un bien à Jean LAGOUCHE, mais je n’ai pas encore eu accès à cet acte.

Le 27 septembre 1818, Jean Pierre fait l’acquisition par adjudication d’un pré ainsi décrit, « Deuxième lot : La moitié à prendre par juste mesure de la rivière Douve au Maresquet (?) dans un pré fauchable nommé le Pré de Clainville, du contenu en totalité de quatre vingt dix sept perches métriques , cinquante mètres (quatre vergées trente quatre perches mesure ancienne). Cette moitié celle contre les héritiers Le HOUESLEUR. Deuxième lot bis : L’autre moitié dudit pré de Clainville celle contre François TOSTAIN ou représentants ».

Malheureusement, les numéros des parcelles ne sont pas indiquées sur l’acte. Dommage car cet acte est postérieur au Plan cadastral napoléonien de 1810.

Photo d’un panneau exposé sur le site

Une première adjudication préparatoire avait eu lieu, le 21 août et le deuxième lot bis, attribué provisoirement à Jean René LEDANOIS, cultivateur et maire de Picauville, pour la somme de mille francs. Jean Pierre participe à l’adjudication définitive qui a lieu après publication. Sans doute n’a-t-il pas les moyens d’acquérir aussi la première moitié du pré de Clainville dont le nom me laisse à penser qu’autrefois, il devait appartenir à la famille. Il a vraiment envie d’acquérir au moins cette partie. En lisant l’acte, je me suis retrouvée auprès de lui, partageant son stress. La bataille est rude avec le sieur Jean Baptiste SERROT, puis au dernier moment avec le sieur Laurent MAUGER, cultivateur. Jean Pierre mise d’abord mille francs puis doit monter à mille soixante quinze, onze cent vingt, douze cents, douze cent cinquante jusqu’à sa dernière enchère à treize cents francs.

« Ensuite de quoy il a été allumé successivement deux feux qui s’étant éteints sans enchère nouvelle, la deuxième portion du pré de Clainville formant le deuxième lot bis de l’adjudication a été du consentement du sieur Auguste CORBIN de Mannetost [le vendeur] finalement adjugée vendue au sieur FRERET Clainville moyennant la somme de treize cent francs […] et pour le payement du prix de son adjudication il s’est obligé et a hypothéqué à l’exécution du tout spécialement avec le droit d’inscription une pièce de terre plantée en pommier nommée les Courtils, du contenu d’environ quarante ares, située à Picauville triage de Clainville. » C’est le quart de ce pré de Clainville dont héritera, en indivis, Louis Charles et qu’il vendra à son frère Pierre François, le 29 mai 1858.

Leur fin de vie

Jean Pierre n’a malheureusement pas exploité longtemps ce pré car sa vie n’a guère été plus longue que celle de son père. Il décède à quarante-trois ans, le 12 avril 1819. Sa benjamine n’a qu’un an quand elle perd son papa et Louis Charles n’en a que dix. Aucun de ses enfants, même les deux aînés, issus de son premier mariage, n’ont eu le bonheur d’avoir leur père, présent à leurs mariages.

Anne Marguerite restera veuve pendant trente-quatre ans. C’est le 30 avril 1853 qu’elle s’éteint à leur domicile.

4 réflexions sur “Jean Pierre FRERET dit Clainville et Anne Marguerite LAGOUCHE, sosas 32 et 33

    • Merci pour ton retour. Plus je vais remonter moins j’aurai de contenu pour mes articles. Et puis là, je connais bien les lieux que j’aime beaucoup. J’avais fait une exposition sur la commune des Moitiers avec mon amie généalogiste, femme du maire d’alors.

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