Jacques Etienne ROUY et Catherine Françoise MARGUERIE, sosas 68 et 69

Parle-moi de toi, Jacques Etienne…

Je suis né 1er août 1743 à Vindefontaine. Mon père est Nicolas ROUY et je suis le premier enfant de son remariage avec ma mère, Jeanne MARTIN qu’il a épousée, l’année précédente, à Isigny-sur-Mer. Je ne sais pas te dire quel est le lien entre mes parrain et marraine et ma famille. Pierre, mon demi-frère a 21 ans à ma naissance et il est déjà marié depuis deux ans. J’ai eu une petite sœur, Marie Madeleine, née le 2 février 1745. Mais ce fut la seule, car j’ai eu le chagrin de perdre ma mère, le 2 novembre de la même année et ma petite sœur ne lui a survécu que deux ans. J’ai donc vécu une enfance solitaire avec mon père qui ne s’est pas remarié.

Parle-moi de toi, Catherine Françoise…

J’ai vu le jour le 9 avril 1746, aux Moitiers-en-Bauptois. Mes parents sont Thomas MARGUERIE et Jeanne LERAMEY. C’est ma tante, Françoise LERAMEY, qui m’a portée sur les fonts baptismaux, assisté de Jean LEROUX. Il y en avait plusieurs aux Moitiers et je ne sais plus si c’était un parent. J’ai eu une grande sœur, née en 1744 mais que je n’ai pas eu le temps de connaître car j’avais à peine un an quand elle nous a quittés, en 1747. Je suis donc très vite devenue l’aînée d’une fratrie de cinq enfants mais mon cadet n’a vécu que trois ans.

Racontez-moi votre rencontre…

C’est aux Moitiers où je suis venu habiter depuis plusieurs années, que j’ai rencontré Catherine et nous nous sommes mariés à l’église du village, le 30 juin 1774. J’ai alors 33 ans et Catherine en a 28. Mes parents ne sont plus de ce monde de même que la mère de Catherine mais son père est présent ainsi que son frère, Thomas Denis. J’ai pour témoins, Pierre et Pierre Lazare ROUBLOT, mes « cousins », en réalité ce sont les cousins maternels de mon demi-frère Pierre dont tu me dis avoir perdu la trace et qui n’est pas à notre mariage.

Et votre vie de couple.

Après notre mariage, nous sommes allés vivre à Vindefontaine où j’ai mis au monde cinq garçons mais hélas, trois sont morts en bas âge.

  • Jean Thomas est né le 17 mai 1775. C’est mon père qui a été son parrain et ma sœur Marie, sa marraine.
  • J’ai accouché de Louis Laurent le 10 août 1777. Mon frère Thomas Denis et ma sœur Geneviève l’ont porté sur les fonts baptismaux. Malheureusement nous avons eu le chagrin de le perdre en 1782, à tout juste 5 ans.
  • Puis Jean Jacques François a vu le jour, le 27 décembre 1780 mais lui aussi est mort bien trop tôt, en 1783.
  • Après ces décès, nous avons été heureux, le 5 février 1784, d’accueillir Charles Auguste dont Jean Baptiste LEGASTELOIS, l’époux de ma sœur Marie et Jeanne BATAILLE, l’épouse de mon frère Thomas Denis ont été le parrain et la marraine. Mais notre petit est « décédé d’une mort inopinée », à 7 mois, le 7 septembre.
« Le mercredy huitieme jour de septembre dud an le corps de Charles Augustin ROUY décédé hier d’une mort inopinée dans la maison de Jacques ROUY, son père, agé de sept mois a été inhumé dans le cimetière dud lieu avec la permission de Mr CAILLEMER, bailly de la haute justice du duché de Coigny, par moy vicaire soussigné ». Je n’avais encore jamais rencontré cette mention – qui est l’autre nom pour la mort subite du nourrisson – ni une telle autorisation de justice pour l’inhumation.
  • Notre dernier fils, François Alexis est né le 29 mars 1786. Mais tu le connais bien puisque c’est ton ancêtre dont tu as raconté sa vie ici.

Notre vie a parfois été difficile car je suis journalier et je ne trouve pas toujours du travail à la journée ou à la saison. Les revenus de la famille sont peu élevés et varient souvent, au cours de l’année. Mais heureusement, tu as vu que nous sommes bien entourés par la famille de Catherine. Son frère et son beau-frère, parrains des enfants, sont tous les deux laboureurs aux Moitiers et il m’arrive d’aller travailler pour eux.

Jacques est décédé le 20 décembre 1796, il avait 53 ans.

Son décès est écrit sur l’acte de mariage de François Alexis. Mais je n’ai pas trouvé celui-ci, à la dite date, dans les registres de Vindefontaine, alors que copie en avait été présentée au mariage de son fils.

C’est donc seule que le 9 septembre 1798, j’ai été témoin, à Prétôt, au mariage de Jean Thomas, notre fils aîné, avec Marie Madeleine COUILLARD. J’ai eu le bonheur de voir naître mes premiers petits-enfants, François en 1804 et Victoire en 1808. Malheureusement, leur maman est décédée le 8 novembre 1810, dans leur maison, au hameau du Ruisseau, à Vindefontaine. Heureusement que j’étais encore en vie, j’ai pu aider notre fils à s’occuper de ses bien jeunes enfants de 6 et 2 ans.

J’ai été heureuse d’avoir pu aussi, être témoin à la noce de François Alexis, avec Louise MOREL, le 15 décembre 1808, bien que Le Plessis où je suis allée, seule de la famille, soit à 9 km de chez nous. Et j’étais fière de pouvoir apposer ma signature, à côté de celle de mon fils, alors que je ne savais pas signer à mon mariage.

la fin de leur histoire

C’est après vingt et un ans de veuvage que Catherine Françoise s’est éteinte le 4 janvier 1817, âgée de 71 ans, dans la maison de son fils Jean Thomas. Elle ne saura pas que celui-ci s’est remarié, le 15 avril 1817, au Plessis, avec Marie PEROTTE.

Par son décès, Catherine me permet de localiser un peu leur vie, à Vindefontaine. On peut penser que Jean Thomas a hérité ou a repris en bail, cette maison du hameau du Ruisseau qui serait alors, celle où ont vécu Jacques, Catherine et leurs enfants. S’ils sont allés vivre à Vindefontaine, est-ce parce que Jacques avait lui-même hérité cette maison de ses parents ou bien ont-ils eu des moyens suffisants pour l’acheter ? Avaient-ils aussi une pièce de terre sur laquelle cultiver un peu d’orge ou de sarrasin, pour nourrir la famille et une ou deux vaches pour lesquelles, ils pouvaient, à la belle saison, profiter du droit de pacage, dans les marais communaux ? Je n’ai rien trouvé dans le notariat de Prétot où les habitants de Vindefontaine avaient le plus souvent l’habitude d’aller, mais hélas les registres anciens ont été détruits.

Quant à Catherine, je n’ai trouvé aucun acte qui m’aurait permis de situer dans quel hameau des Moitiers-en-Bauptois, sa famille demeurait. Elle était pourtant susceptible d’avoir été dotée ou d’avoir touché une part d’héritage, vivant dans une famille de laboureurs. J’ai cherché en vain, à ce jour, dans le notariat de Picauville

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