Au fil du temps
La rue Vivienne relie le jardin du Palais-Royal aux Grands Boulevards en passant par le site historique de la Bibliothèque Nationale. Cette rue a été ouverte, en 1634, entre les rues des Petits-Champs et des Filles-Saint-Thomas, sous le nom actuel, déformation de celui de Louis Vivien, seigneur de Saint-Marc, échevin de Paris, quand elle fut percée. Elle conduisait alors au couvent des Filles-Saint-Thomas. Son prolongement, au sud, jusqu’à la rue de Beaujolais, effectué en 1784, a porté, jusqu’en 1806, le nom de Perron, dû au perron par lequel on accédait de la rue de Beaujolais au jardin du Palais-Royal. Après la démolition de ce couvent, elle fut prolongée au nord, en 1809, jusqu’à la rue Feydeau, puis, en 1824-1830, jusqu’au boulevard Montmartre.


La Galerie Vivienne est l’une des galeries couvertes les plus emblématiques de la ville de Paris, joignant par un angle droit la rue des Petits‑Champs à la rue Vivienne. Construite en 1823 selon les plans de l’architecte François Jean Delannoy et alors nommée Galerie Marchoux, de son premier propriétaire, elle est inaugurée en 1826, sous le nom de Galerie Vivienne, tirant son nom de la rue où elle se situe.
Mes ancêtres qui y demeurèrent
Nous retrouvons Charles PELLETIER, le 15 mars 1852 quand il achète un fonds de librairie, 5-7 Galerie de Vivienne. Ce fonds a d’abord appartenu, il y a une trentaine d’années, donc dès l’ouverture de la Galerie, au Sieur LEMARQUIER, puis à Madame DESCHAMPS et enfin à Amable RIGAUD, qui le détenait depuis vingt ans et lui a vendu. Suite à cet achat, pour se mettre en conformité avec la loi, il sollicite le brevet de libraire qui lui est nécessaire pour exercer cette profession. Cela entraîne une enquête de police dont la conclusion est : « Il possède l’aptitude nécessaire et des ressources pécuniaires suffisantes. Il est bien représenté sous le rapport de la moralité et des opinions politiques. »

Il obtient son brevet de libraire le 19 juin 1852. Cette demande m’a beaucoup étonnée, car il était déjà conducteur des Ponts et Chaussées, depuis 1848. Je pense que c’était surtout une incitation de sa femme, Victorine Thérèse Coralie KRABBE et de son beau-père Pierre Henri KRABBE, libraire-éditeur mais qui avait démissionné, en 1846 de son brevet de libraire. C’est ce que suspectait la Police en demandant une enquête.
Le 14 septembre 1852, c’est la naissance, à cette adresse, de leur premier enfant Philibert Amable Clément qui est baptisé, le 14 novembre, en l’église Notre-Dame-des-Victoires. Son parrain est son oncle Philibert Pelletier qui habite au 16 Galerie Vivienne et sa marraine, Clémence DESPREZ, épouse d’Amable RIGAUD.
Le 18 mai 1855, Charles PELLETIER démissionne de son brevet de libraire et est remplacé par Pierre Léon Constant BADY à qui il a sans doute vendu le fonds de librairie. Ils quittent la Galerie Vivienne et je les retrouve 11 rue de la Tour, dans le 16e arrondissement.
Un peu plus tôt
Nous voilà le 19 novembre 1818, lors du mariage d’Adélaïde Marie Etiennette MESLE, fille de Jean Baptiste Marie Joseph et de Pierrette HUGOT avec Alexis Félix DUPRE. L’épouse, âgée d’environ 25 ans, habite 5 rue de Vivienne. Son père est décédé l’année précédente, habitait-elle seule à cette adresse ou bien avec sa mère ?

Le N° 5 se trouvait derrière la Bibliothèque Impériale, comme elle s’appelait à l’époque, après avoir été la Bibliothèque Royale qui avait emménagé, le 25 septembre 1761, sur le site Richelieu. Il faudra plus d’un siècle et demi pour que la Bibliothèque, profitant des départs successifs de ses voisines, puisse récupérer l’intégralité de l’ancien palais cardinalice, puis s’agrandisse au cours du XIXe siècle pour devenir le site Richelieu que nous connaissons aujourd’hui. On voir très bien l’arrière de la maison où a vécu Adélaïde Marie Etiennette sur ce plan de Turgot. Cette maison et ses voisines ont été détruites lors de l’agrandissement de la Bibliothèque et le 5 rue de Vivienne est maintenant l’entrée du musée de la BnF.

Et c’est de l’autre côté de la rue, en face du N°5 que la Galerie Vivienne a été ouverte en 1826. Mais Adélaïde n’était plus dans ce quartier puisqu’elle réside, avec son mari et ses enfants, au moins depuis 1825, au 25 rue des Francs-Bourgeois.
Sources
Jacques HILLAIRET, Dictionnaire historique des rues de Paris, tome 2, Les Editions de Minuit, 1963