Alexis Félix DUPRE et Adélaïde Marie Etiennette MESLE, sont mes Sosas 58 et 59 à la sixième génération sur mon ascendance maternelle. Deux parisiens qui m’ont donné bien du mal pour retrouver leurs ancêtres, du fait des destructions des archives en 1871.
Alexis Félix DUPRE
Il naît le 7 octobre 1787 à Paris, fils de Louis François DUPRE et de Marie Elisabeth Louise SIMONNET. Son père est né à Montmirail dans la Marne et sa mère est baptisée à l’Eglise Saint Sulpice ou a également lieu leur mariage. Je ne sais si Alexis Félix est né dans ce même quartier car je n’ai pas trouvé son acte de naissance. Son père est dit tantôt employé, tantôt limonadier. À la naissance de sa mère, en 1749, son grand-père Grégoire SIMONNET est « concierge en la maison de feu M. le Duc Maréchal d’Estrées ».
Il est le dernier d’une famille de sept enfants. Je ne suis pas sûre de leur ordre, n’ayant pas trouvé toutes les dates de naissance. Marie Louise Rose semble être l’aînée et se marie en 1792 ; Adélaïde Marie naît en 1771 et décède en 1796 ; Honoré Alexis sur lequel je ne sais pas grand chose et doute même de son existence ; Louis Joseph, placé en nourrice à Versailles, meurt à deux mois en 1772 ; Alexis Louis Grégoire naît vers 1777 et vers 1781, c’est la naissance de Marie Antoinette Julie.
En 1806, Alexis Félix a dix-neuf ans quand il rentre au Ministère des Finances en tant que surnuméraire. Dans l’Administration des finances, ce terme a caractérisé jusqu’en 1948 les candidats à un poste de receveur dans l’Administration de l’Enregistrement, des Domaines et du Timbre. Honoré de Balzac en donnait dans « Les Employés » la définition suivante : « Le surnuméraire est à l’Administration, ce que l’enfant de chœur est à l’Église, ce que l’enfant de troupe est au Régiment… »
Il y fera toute sa carrière, gravissant peu à peu les échelons pour terminer comme Chef de Bureau.

Adélaïde Marie Etiennette MESLE
Adélaïde Marie Etiennette voit le jour à Paris vers 1793. Elle est fille unique de Jean Baptiste Marie Joseph MESLE et de Pierrette HUGOT. Son père est alors âgé de 42 ans et sa mère d’environ 35 ans. Son père est Receveur des rentes et descend d’une lignée de Commissaires aux consignations, originaire de Craonne dans l’Aisne. De sa mère, je ne sais rien. si ce n’est qu’elle décède en 1835, âgée d’environ 67 ans.
Leur mariage
Ils se marient le 21 septembre 1818, à la Mairie de l’ancien 2e arrondissement, comme mentionné sur l’acte de notoriété, suite au décès d’Alexis Félix. Le mariage religieux a eu lieu à l’église Notre-Dame des Victoires. Alexis Louis Grégoire DUPRE, est l’un des témoins. je n’ai pas trouvé de lien familial avec les autres.

Cette église est située Place des Petits Pères dans le 2e arrondissement. Sa construction a débuté en 1629 et s’est achevée en 1740. C’est le dernier vestige du couvent des Augustins déchaussés (dit couvent des Petits Pères). « L’ordre de Saint Augustin dont l’ancien nom était ermites de Saint Augustin forment un ordre mendiant de droit pontifical qui se réfère à la règle de Saint-Augustin depuis sa fondation au XIIIe siècle. »
Alexis Félix habite alors 8 rue des Grésillons. Je n’ai pas trouvé de rue à ce nom à Paris. La seule dénommée ainsi est sur Genevilliers. Adélaïde Marie Etiennette demeure au 5 rue de Vivienne, à deux pas de La Bibliothèque Nationale.

Leur vie de parents
Ils ont 3 enfants. Louise Emilie Pierrette naît vers 1822. Louis Charles Alphonse verra le jour, deux ans plus tard mais sa vie sera bien brève puisqu’il décède le 31 octobre 1824, âgé d’environ deux mois, à Versailles, chez sa nourrice. Le six septembre 1830, c’est la naissance d’Angéline Louise Léa, mon ancêtre.

Elle est baptisée le 25 octobre en l’Église Saint-Jean-Saint-François, située dans le quartier du marais.Le parrain d’Angeline est Ange François Pierre SERRE, commissaire priseur, cousin maternel et la marraine Alexandrine Elisa BIDAULT, son épouse. C’est grâce à ce parrainage que j’ai réussi à remonter l’ascendance d’Adélaïde, bien que ce cousinage soit en réalité très haut dans l’ascendance.
Construite en 1623, c’était la chapelle d’un couvent de capucins. « À la Révolution, le couvent est détruit puis loti sauf la chapelle qui devient en 1791 église paroissiale de « Saint-François d’Assise ». L’église, fermée en 1793 puis achetée par la ville de Paris en 1798 , est rendue au culte en 1803 après le Concordat ; elle est alors administrée par le clergé de l’église Saint-Jean-en-Grève d’où son nouveau nom de « Saint-Jean-Saint-François ».


En 1971, elle a pris le vocable d’église puis de cathédrale « Sainte-Croix des Arméniens » après avoir été affectée au culte catholique arménien. »
La famille habite alors au 2 rue de Touraine, dénommée aussi rue de Touraine-au-Marais . C’est une ancienne voie, devenue partie sud de la rue de Saintonge dans le 3e arrondissement. La famille y vivra encore aux mariages des enfants.

Leurs deux filles se marieront avec deux frères, originaires d’Ollioules dans le Var. L’aînée épouse Marc Jean Baptiste LAMBOI, négociant, le 5 janvier 1843. Le mariage civil a eu lieu à la Mairie de l’ancien 7ème arrondissement et la cérémonie religieuse à l’Eglise Saint-Jean-Saint-François, le 7 janvier. Les témoins sont ceux du mariage religieux dont Alexis Louis Grégoire DUPRE et Antoine BOYER, parent de l’époux. Je ne leur connais pas d’enfants. En 1871, au moment du décès d’Adélaïde, ils vivent à Blida, en Algérie et finiront leur vie à Nice.
Et Angéline Louise Léa épouse Antoine Théodore LAMBOI, également négociant, âgé de 26 ans, le 22 août 1848, à la Mairie de l’ancien 7e arrondissement, comme le rapporte l’acte d’état civil reconstitué. Sept enfants naîtront de l’union, cinq garçons dont mon arrière-grand-père Emile Félix et deux filles.

Leurs décès
Alexis Félix décède le premier, le 19 août 1866. Ils habitent alors au 5 rue Saint-Hyppolite, à Passy. Sur l’acte de notoriété, après son décès, il est mentionné qu’il est Chevalier de la Légion d’Honneur. J’ai vu aussi cela sur un autre acte mais je n’ai pas retrouvé son dossier sur la base Léonore.

Adélaïde Marie Etiennette lui survivra cinq ans et décédera le 22 avril 1871, au cœur de la Commune. Ce qui fait que son acte de décès est bâtonné.
« L’état civil parisien est un des témoins les plus marquants de la volonté du gouvernement de Versailles de nier la Commune en tant qu’autorité politique légitime ayant administré Paris entre mars et mai 1871. La loi du 19 juillet 1871 impose ainsi le bâtonnage des actes d’état civil (naissance, mariage ou décès) passés à partir du 18 mars 1871 et interdit d’en délivrer des expéditions (copies) au motif qu’ils ont été passés devant une autorité non compétente. Les parties concernées doivent de nouveau se présenter devant un officier d’état civil dans un délai de 30 jours afin de procéder à la retranscription des actes. »

Elle rejoindra son mari au Cimetière d’Auteuil, le 24 avril. Écrire cet article m’a permis de réaliser tous les bouleversements politiques que ces ancêtres ont traversé pendant leur vie.

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