Jean François Sylvestre HASLEY et Anne Louise LACAUVE, sosas 36 et 37

Jean François Sylvestre HASLEY

Il est né le 20 juillet 1782 aux Moitiers-en-Bauptois, fils de Jacques François, journalier et de Marie Anne COTELLE. Il est porté sur les fonds baptismaux, le jour même, par son oncle et sa tante, un autre Jean François Sylvestre HASLEY et son épouse Marie Anne COUSIN. Il est le second d’une fratrie de huit enfants, trois garçons et cinq filles mais dont seulement la moitié a eu le temps de devenir adulte.

Anne Louise LACAUVE

Elle vient au monde et est baptisée le 25 juillet 1787, également aux Moitiers-en-Bauptois, fille de Louis Charles Joseph, laboureur et de Marie Anne Françoise LEROUX. Son parrain est son grand-oncle, Jean MALASSIS, assistée de sa grande-tante, Charlotte FERRIERE, tous deux de Prétôt. Elle est la seconde de six filles, mais l’aînée et les deux benjamines sont décédées avant leur trois ans. Et Anne Louise, devenue l’aînée, aura aussi le chagrin, un après le décès de ses petites sœurs, de perdre son père, âgé de 39 ans. Sa maman élève seule ses trois filles, à Varenguebec où la famille avait déménagé vers 1790.

Leur mariage et leurs enfants

Le 6 septembre 1809, ils contractent mariage, devant le notaire de Picauville, en présence de Jean COTELLE, oncle du futur et de Marie LEROUX, mère de la future.

Anne Louise apporte en dot « une armoire de bois de chêne à deux panneaux ferment à clef, un lit de coutil garny de plume avec un traversin et deux oreillers, de même un tour de lit de fil de coton, une couverture de laine rouge et jaune, une douzaine de draps de lit, deux douzaines de chemises, huit mouchoirs de cou de différentes couleurs, deux douzaines d’équipage de linge, une douzaine de tayes d’oreiller, huit habits de différentes étoffes et couleurs, un mantelet de droguet, une tête de cape de lainne, une demie douzaine de serviettes, une demie douzaine de cuillers d’étain d’autant de fourchettes de fer, une demi douzaine d’assiettes dont quatre d’étain et deux de fayence, un rouet à fil, traouil et dévidoir et six chaises empaillées, lesquels meubles ont été prisés et estimés à la somme de huit cent trente neuf francs.« 
Elle précise que les dits meubles « proviennent du fruit de ses travaux, gages et salaires et de la succession dudit feu son père. » Elle n’avait que dix ans au décès de son père et a sûrement commencé à travailler de bonne heure pour aider sa mère.

Le mariage civil a lieu, le 7/09/1809 à Varenguebec où demeure Anne Louise et sa famille et le mariage religieux, 15/02/1810, aux Moitiers-en-Bauptois, berceau des HASLEY. On y apprend qu’Anne Louise est fileuse et Jean François Sylvestre, cultivateur.

Le couple met au monde cinq enfants qui atteindront tous, l’âge adulte. L’aînée naît à Varenguebec et les suivants au hameau de Longuerac, aux Moitiers.

  • Marie Anne vient au monde, le 26 juin 1811 et reste célibataire jusqu’à son décès à 71 ans.
  • Le cadet, né le 30 octobre 1813, est mon ancêtre Jean François dont j’ai raconté ici la vie et celle de son épouse, Marie Sophie Désirée HALGATTE.
  • Louis David naît le 13 décembre 1817 et se marie avec Rosalie Anastasie BOCAGE, à La Bonneville, le 18 février 1857.
  • Bon François voit le jour, le 12 mai 1821 et épouse Anne Octavie Désirée LECLERC, à Laulne, le 7 août 1854.
  • La benjamine, Marie Virginie Thérèse, née le 23 septembre 1825, convole, aux Moitiers, le 7 septembre 1858 avec Hyacinthe Auguste François LEBRETON.

Leur maison

J’ai pu localiser leur maison au hameau de Longuerac, grâce à mon cousinage avec Désiré LEBRETON, prêtre, natif de ce village.

L’Abbé LEBRETON qui a été curé de Teurthéville-Bocage, avait promis de construire une chapelle dédiée à la Vierge si le débarquement se déroulait sans trop de dommages pour les biens et les personnes du canton. Elle fut construite, à Longuerac, avec les pierres des ruines de plusieurs chapelles rasées pendant le bombardement de 1944, dont la chapelle Saint-Martin des Moitiers-en-Bauptois et la chapelle de la Mare de Teurthéville-Bocage. La première pierre fut posée symboliquement, le 17 mai 1945, par l’Abbé LEBRETON et la chapelle a été bénite le 13 octobre 1947. Seul édifice manchois dédié à Notre-Dame-de-Fatima, village portugais où serait apparue la Vierge en 1917, la chapelle et sa statue font rapidement l’objet de pèlerinages avec des gabares, au beau milieu de la rivière. Mais ceux-ci n’ont pas perduré. Elle a été restaurée, dans les années 1990

Mais revenons à l’époque de mes ancêtres, mes amis motelons m’ont donné un exemplaire d’une brochure, écrite par Désiré LEBRETON pour raconter l’histoire et la mise en œuvre de son projet et il commence en présentant le hameau de Longuerac et la maison de son enfance. Quelle chance pour moi !

« Les deux dernières maisons situées à gauche du petit chemin nommé La Cachette sont les maisons Lebreton et Ansot. La première fut achetée en 1824 par François Hasley à Marie Hasley, épouse de Louis Bérot de Boutteville & à Charles Caen de Sainte-Marie-du-Mont. Avant de devenir propriété de la famille Lebreton par le mariage de François Lebreton & de Thérèse Hasley, fille de François Hasley cette maison fournissait trois habitations. On y trouvait outre François, Marie Lacauve, tante de Thérèse puis Bon, frère de cette dernière. Il était tisserand & vendit sa maison à sa sœur en 1866« 

J’ai donc appris, ainsi, que la maison ou plutôt les maisons ont été achetées en 1824, par Jean François Sylvestre et je les situe bien sur cette photo du XXe siècle, puis en partie, sur celle-ci que j’ai prise récemment, mais sans oser frapper à la porte, prévenue d’un accueil incertain…

J’aurai bien voulu en savoir plus sur l’achat de cette maison en 1824 et sa vente, entre frère et sœur, en 1866, dont parle Désiré LEBRETON. Malheureusement, ces dates manquent de précision et surtout le notariat où les actes ont été passés ne sont pas mentionnés. Je n’ai rien trouvé ni à Picauville, ni à Sainte-Marie-du-Mont. Mais j’ai voulu au moins essayer de découvrir qui étaient les vendeurs de 1824. Comme ils sont deux, il y a fort à parier qu’ils ont un lien familial entre eux, un parent dont ils auraient hérité, en même temps, de la ou les maisons. Bien sûr la première, Marie HASLEY, épouse de Louis BEROT, de Boutteville m’attirait tout particulièrement. Mais je suis complètement bredouille, impossible de trouver ce couple ni sur Geneanet, ni sur Filae, ni au Cercle Généalogique de la Manche ! Par contre j’ai fait une très bonne pioche avec Charles CAEN qui m’inspirait moins. J’ai découvert qu’il a épousé Aimée Antoinette Félicité BERTOT qui est… la cousine de Jean François Sylvestre, sa mère, Marie HASLEY, étant la tante de mon ancêtre ! Ce qui voudrait dire que cette maison était déjà auparavant dans ma famille HASLEY. C’est encore plus motivant pour poursuivre l’enquête sur cet ensemble de maisons (470, 471 et 465) que l’on retrouve au bout à droite, après la Cachette, sur le Cadastre napoléonien de 1829, même si elles ont subi des transformations depuis.

Extrait du Cadastre napoléonien de 1829

À défaut d’avoir trouvé l’acte de vente, j’ai retrouvé mention de ces maisons car Jean François Sylvestre et Anne Louise les ont hypothéquées en garantie de la vente qu’ils ont faite, le 8 janvier 1828, des biens, situés à La Bonneville. provenant de la succession de Louis LACAUVE, le père d’Anne Louise. Sont ainsi décrites :« deux maisons à usage de cuisine de fonds en comble, cour devant et derrière autant qu’il en dépend et un jardin potager tenant à la cour de devant, contenant environ six ares douze perches, le tout situé triage de Longrac borné par le chemin de l’église des Moitiers à Longrac, les héritiers Gilles Guillotte, Félix Lucas et autres. » Le jardin doit être étroit et tout en longueur s’il borne jusqu’au chemin vers l’Église qui passe par La Prévoterie où ils possèdent « un champ de terre en labour, planté de pommiers contenant environ treize ares vingt six perches, borné par une voie, Jean Roublot et autres. » qu’ils ont dû aussi hypothéquer, le temps que la vente soit achevée.

Extrait du plan général du Cadastre napoléonien.

Leur fin de vie

Je suis heureuse pour ce couple qui durant leur quarante-cinq ans de vie commune – c’était si rare autrefois – n’a pas été touchée trop tôt par la grande faucheuse. Tous les deux l’avaient été bien trop dans leur enfance. Mais comme leurs enfants se sont mariés assez tard, ils n’ont été, ensemble, à la noce, que pour le mariage de leur fils aîné, Jean François, mon ancêtre. Anne Louise décède, le 12 juillet 1854, âgée de soixante-six ans, sans avoir pu marier son fils, Bon François, le 7 août 1854. Et pas sûr que Jean François Sylvestre ait été assez vaillant pour assister au mariage de Louis David, le 18 février 1857, car c’est peu de jours après, le 1er mars 1857 qu’il s’éteint à son tour, âgé de soixante-quatorze ans. La petite benjamine qui se marie en 1858, a au moins pu être entourée par ses frères et sa sœur aînée.

Une réflexion sur “Jean François Sylvestre HASLEY et Anne Louise LACAUVE, sosas 36 et 37

  1. Dans le trousseau de la jeune épouse, j’aime bien ces précisions que je n’avais pas encore rencontrées chez nous :

    « deux douzaines d’équipage de linge …

    Des cuillères d’étain et des fourchettes en fer … »

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