
Parle-moi de toi, Jean Pierre…
Je suis le fils de Jean François LEROUX et de Jeanne CHAMPEL et j’ai vu le jour le 27 décembre 1728, aux Moitiers-en-Bauptois, porté sur les fonts baptismaux par mon oncle Jacques LEROUX et ma tante, Anne CHAMPEL. Je suis le troisième et l’aîné des garçons, d’une fratrie de quatre filles et trois garçons dont tu me dis que tu ne sais ce que sont devenus notre sœur aînée et notre petit dernier.
Parle-moi de toi, Jeanne Catherine…
Je suis née le 12 février 1728 et nommée par mon grand oncle Jean LEGASTELOIS et son épouse, Catherine Geneviève COCHET. Mes parents sont Jean Germain LEGASTELOIS et Jeanne Marie HENRY. Je suis la cadette d’une fratrie de trois filles mais j’ai eu le chagrin de perdre ma maman alors que je n’avais que trois ans. Mon père s’est remarié, l’année suivante, avec Marie MILLON avec laquelle il a eu quatre enfants, trois filles dont une n’a vécu qu’un mois et un seul garçon, le benjamin de la famille.
Avant d’épouser Jean Pierre, je me suis mariée une première fois, le 20 novembre 1749, avec Pierre HASLEY qui était aussi un motelon. Il avait 27 ans et j’en avais 21. Nous avons mis au monde deux garçons ; Jean Baptiste est né, le 7 avril 1751 et a épousé, en 1722, Jeanne Charlotte LEDANOIS et notre petit Pierre Raphaël a vu le jour le 22 novembre 1753 mais a quitté ce monde le 26 septembre 1755. Avait-il la même maladie que mon mari que j’ai eu la douleur de perdre, le 22 septembre de cette funeste année ?
Parle-moi de votre mariage…
Jeanne Catherine était donc veuve quand je l’ai épousée, le 30 janvier 1759, dans notre vénérable église des Moitiers.

Nous avions tous les deux 31 ans. Jeanne Catherine a eu pour témoin, son père et son frère, Joseph Jean Germain et moi, j’étais assisté de mon frère François et de mes cousins, Jean LEROUX et Jean DURAND, gendre de ma tante et marraine, Anne CHAMPEL. Nous signons tous sauf Jeanne Catherine qui ne sait.

Parle-moi de vos enfants…
J’ai donné naissance à cinq filles et un seul garçon mais la mort a de nouveau beaucoup endeuillé notre famille, ne laissant que deux de nos enfants, atteindre l’âge de fonder une famille. Que de tristesse accumulée, au long de ma vie !
- L’aînée, tu la connais déjà bien, puisque c’est ton ancêtre, Marie Anne Françoise, née le 25 avril 1759 et qui a épousé, en 1785, Louis Charles Joseph LACAUVE.
- Jeanne Françoise a vu le jour, le 26 avril 1761, portée sur les fonts baptismaux par ma belle-sœur, Marie Anne LEROUX et son époux, Eustache LEGASTELOIS qui est peut être un lointain parent. Mais elle nous a été reprise, à 5 ans, le 16 février 1767.
- Gabrielle Angélique est venue au monde, le 12 juillet 1763 mais à rejoint les anges, le 29 octobre 1764.
- Jeanne Marie Marguerite est née le 3 janvier 1766, et sans doute atteinte de la même maladie que notre cadette, elle est décédée, à son tour, le 17 février 1767. Quelle douloureuse série ?
- Le 30 mai 1768, c’est la naissance de notre seul fils, Jean François qui s’est marié en 1790, avec Anne Françoise LACAUVE, la sœur de notre gendre, ton ancêtre, renforçant les liens entre nos deux familles. Au décès de celle-ci, âgée de 35 ans, il s’est remarié en 1802, avec Louise Françoise LOQUET.
- Après la naissance de notre petite dernière, Louise Gabrielle, le 2 septembre 1761, c’est une nouvelle fois la confrontation avec la grande faucheuse qui l’emporte, en pleine jeunesse, le 1er juin 1794, elle a 22 ans.
La fin de leur vie
Jean Pierre décède le premier, encore dans la force de l’âge, le 30 mai 1776, il a 47 ans. Par son acte de décès, j’apprends qu’il était laboureur.

Il devait donc sûrement posséder quelques terres mais, à ce jour, je n’ai déniché aucun acte notarié le concernant, du moins dans le notariat de Picauville, dans lequel je n’ai trouvé ni son inventaire après décès, ni le partage de la succession entre ses deux enfants qui a dû se faire à l’amiable, ou sous seing privé.
Jeanne Catherine se retrouve de nouveau veuve et elle le sera encore pendant 32 ans, puisque c’est le 6 décembre 1808 qu’elle décède, âgée de 80 ans. Voici encore une des solides femmes de mon arbre qui, après avoir dû surmonter bien des chagrins et porté neuf enfants, a atteint ce bel âge. Elle a pu prendre dans ses bras les dix-huit petits-enfants que je lui ai trouvés et savoir que deux de ses petites-filles ont fondé une famille mais elle a dû avoir le cœur bien trop lourd d’apprendre le décès de huit de ses petits-enfants.