
Selon les libellés d’actes et les signatures, le patronyme est écrit HALGATTE ou HALLEGATTE. J’ai adopté la première écriture, la plus fréquente parmi mes ancêtres et qui doit correspondre à la manière dont le nom est prononcé.
Parle-moi de toi Jean Charles Bernardin…
Je suis né le 27 décembre 1715, à Picauville, fils de Jean HALGATTE et Louise GUENARD. J’ai été nommé par Charles Bernardin LE COURTOIS, écuyer, sieur d’Eroudeville, de Sainte Colombe, du Saulxé (Saussey) et de Muneville près la mer et par sa mère, Jeanne FOUBERT. J’ai eu une sœur aînée dont je ne sais te dire quand elle est décédée et une petite sœur. La famille ne s’est pas agrandie davantage car j’ai eu le chagrin de perdre mon père, en 1721, quand j’allais avoir 6 ans. Ma mère s’est remariée, en 1723, avec François GRAVEY mais ils n’ont pas eu d’enfants.
Parle-moi de toi Marguerite…
J’ai vu le jour, également à Picauville, le 30 avril 1720. Mes parents sont François DAVAREND et Anne PHILIPPE mais je n’ai pas connu mon père qui est décédé deux mois après que j’ai été conçue. Ma bien courageuse maman s’est retrouvée seule pour élever huit des douze enfants qu’elle a mis au monde, quatre ayant perdu la vie, avant mon père. Elle ne s’est pas remariée et a sûrement été aidée par ma sœur aînée, âgée de vingt ans et qui ne s’est mariée qu’en 1730 alors que sa cadette avait déjà convolé en 1719, juste avant le décès de notre père. Heureusement notre famille avait des biens.
Raconte-moi votre mariage…
Marguerite étant la petite-dernière a été très entourée par sa famille, lors de notre mariage, le 6 août 1743, bien sûr dans notre église de Picauville. Lors, elle avait 23 ans et moi 28. Mais avant la noce, nous étions passés devant le notaire de Picauville, le 2 août, avec Anne PHILIPPE, la mère de Marguerite et ses grands-frères, Philippe, François, Pierre, Jean François et Jacques qui l’ont bien gâtée. Il y avait aussi son oncle paternel, Jacques DAVAREND qui a apporté sa quote-part à la dot. De mon côté, il y avait juste ma mère, Louise GUENARD et mon beau-père, François GRAVEY.
« Sa mère et ses frère lui ont donné pour part et portion tant de père que de mère le nombre et somme de vingt livres de rente hipoteque raquitable touttes fois et quante au denier vingt à prendre et avoir par chacun an sur led. Sr Jacques Davarend leur oncle dénommé au présent suivant et aux termes du contrat de constitution qui luy a été mis aux mains pour s’en faire payer a l’avenir comme de son propre don […] »
« De plus luy a été donné par la ditte sa mere et ses freres les meubles qui ensuivent scavoir un lit, traversin et deux oreillers de coutil rayé en bleu, garnys de plumes d’oyes avec une couverture de laine rouge et blanche, un ciel de lit et rideaux complets de port de Paris, douze draps de lit, douze thais à oreiller, deux douzaines de serviettes en oeuvre dont une en hautte lisse et deux en etofe … et l’autre en carreaux loviers [Louviers] et le reste de service, deux douzaines de chemises, trois douzaines de coeffes et deux douzaines de mouchoirs de col tant de mousseline de soye que de toille, dix habits complets dont un noir de serge de …, deux rouges et les autres de differentes couleurs duquel nombre il y en a quatre de drap et quatre de tiers fil et l’autre de coton, plus cinq tabliers d’etoffe et un de toille, plus un rouet, des devidoirs, un trouard, deux cheses enfoncées de paille, six assiettes, six cuilliers d’etain avec six fourchettes de fer ; de plus une armoire de bois chesne ouvrante à deux panneaux fermant à clef et pour les vaches et brebis, les dits freres ont promis à la ditte future epouse, leur soeur, payer à chacun trente six livres lors du mariage sans qu’ils soient prenables les uns pour les autres ce qui compose entre les cinq freres, la somme de cent quatre vingt livres ; tous lesquels meubles cy dessus ont été estimés entre les parties, parents et amis à la somme de cinq cent quatre vingt livres compris l’estimation des vaches et brebis cy dessus que lad. future epouse relevera en essence où ils en trouveront ou la ditte somme à son choix. »
Nous avons tous apposé nos signatures sur l’acte hormis nos mères qui ne savaient.

Leurs enfants
Je voulais laisser Marguerite nous en parler mais j’ai envie de vous partager mon interrogation à propos de deux de leurs filles qui n’en feraient peut-être qu’une. À reprendre ainsi mes couples d’ancêtres les uns après les autres, je suis souvent confrontée à la question d’enfants – j’en ai dans quasi toutes les familles – dont on connaît la naissance mais pour lesquels on ne trouve plus rien ensuite, ni décès, ni mariage. Et je m’interroge d’autant plus que toutes ces communes de la Manche ont été soigneusement dépouillées, par le Cercle Généalogique de la Manche. Est-il possible qu’il y ait tant de décès qui n’aient pas été enregistrés ou bien serait-ce dû à des variations de prénoms entre les actes qui perturbent la recherche ? C’est la question que je me suis posée, dans le cas présent.
Je pensais leur avoir trouvé dix enfants mais je crois, en fait, qu’ils n’en ont eu que neuf dont seulement quatre ont fondé une famille. À nouveau, une famille que la grande faucheuse n’a pas épargnée…
- Jacques est né le 30 mai 1744 et je ne sais ni quand ni où il s’est marié, avec Marie GAUVAIN qui n’est pas de Picauville. Je sais juste que c’est avant la naissance de leur premier enfant en 1782.
- Sa cadette, Anne Louise Marguerite a vu le jour, le 17 août 1745 mais, à 22 ans, le 20 septembre 1768, elle a quitté ce monde.
- Jacques André est né le 1er décembre 1746 puis je ne sais ce qu’il est devenu.
- Jean François a été baptisé le 28 février 1748 et en 1789, il a épousé Marie Anne SORET.
- Jeanne Marguerite est venue au monde le 9 mai 1749 et s’est marié en 1776 avec Jacques Augustin MARION, frère de mon ancêtre, Anne Marie Marguerite.
- François dont je descends est né le 23 octobre 1750 et a épousé Marie Thérèse PHILIPPE, en 1778. Ils étaient, on s’en souvient, des cousins issus de germains qui avaient dû obtenir une dispense pour se marier.
- Bon Jacques a été baptisé le 9 novembre 1751 mais pour lui &galement, je n’ai aucune trace ultérieure.
- Jeanne Louise est née vers 1752, au vu de son acte de décès, le 9 juin 1758, sur lequel elle est dite « âgée de 6 ans ou viron » mais son acte de baptême est introuvable. Par contre j’ai une Louise Marguerite, née le 8 janvier 1753 qui aurait donc pu avoir 5 ans et demi en 1758 mais qui disparaît, ensuite des registres. Alors j’émets l’hypothèse que ces deux petites ne font qu’une et que le curé a sans doute fait une erreur, lors du baptême, mélangeant le prénom de la mère, Marguerite et de la marraine, Jeanne Louise, prénom qui correspond justement à celui du décès de 1758.
- Marie Anne Françoise a vu le jour le 26 juin 1754 mais n’a vécu que deux ans, décédant à son tour le 30 décembre 1756.
Leur fin de vie
Celle de Marguerite a été bien trop brève. Elle quitte ce monde, le 12 octobre 1755, âgée de seulement 35 ans, sûrement bien épuisée après avoir mis au monde au moins neuf enfants, en tout juste dix ans ! Pendant cinq ans, Jean Charles Bernardin assumera seul l’éducation de leurs petits, sans doute aidé par sa mère qui était veuve. Il épouse, le 2 juin 1760, Barbe LEQUERTIER, âgée de 35 ans, avec laquelle il n’aura pas d’enfant. Un contrat de mariage a été passé auparavant, à Picauville, mais la canicule m’a empêchée de le consulter à temps pour cet article.
De même, si je sais par son contrat de mariage avec Marguerite qu’il était laboureur, il me reste à chercher plusieurs actes notariés, présents dans les répertoires, qui me permettront peut-être, d’en savoir un peu plus sur la localisation des terres qu’il possédait et/ou cultivait. À suivre…
Jean Charles Bernardin a atteint le bel âge de 82 ans, rejoignant Marguerite, le 26 juin 1801. J’ignore quand est décédée sa seconde épouse, je sais juste qu’en 1782, ils ont porté ensemble sur les fonts baptismaux, Jacques MARION, son petit-fils.