
Parle-moi de toi, Jean…
Je suis né le 23 mai 1701, aux Moitiers-en-Bauptois, fils de Nicolas LAGOUCHE et de Jeanne ROUBELOT. Ce sont Jean et Françoise ROUBELOT, mes oncle et tante maternels qui m’ont porté sur les fonts baptismaux. J’ai eu un frère qui m’a précédé mais qui est décédé avant ma naissance ; j’ai donc de fait, été l’aîné de notre petite fratrie de trois. Nous avons eu le chagrin de perdre nos parents beaucoup trop tôt, notre père d’abord en 1709, à l’âge de 42 ans et puis en 1711, c’est notre mère qui s’est éteinte à son tour, elle n’avait que 32 ans. Il nous a fallu apprendre à nous débrouiller sans eux. Ma sœur cadette s’est mariée en 1728 et je ne sais plus te dire quand est décédée notre benjamine.
Parle-moi de toi, Marie Thérèse…
J’ai vu le jour, le 7 octobre 1708, à Varenguebec et ai été nommée par Marie Thérèse du ROZEL, assistée de Nicolas REGNARD, Sieur de la Porte, époux de Marie Catherine LAMY, ma tante paternelle. Je suis la fille de Henry LAMY, Maître avocat et lieutenant de Haute justice du bailliage de Varenguebec et de Demoiselle Jeanne de LEMPERIERE. Je suis la sixième d’une fratrie de douze enfants, neuf filles et trois garçons mais seulement la moitié ont atteint l’âge de se marier. Toutes ces grossesses ont dû épuiser ma maman qui est décédée à 42 ans, le 27 mars 1721, j’avais alors 13 ans. Mon père s’est remarié, en 1724, avec Jacqueline DORLEANS, avec laquelle il a eu deux autres enfants mais seul le second est parvenu à l’âge adulte.

Raconte-moi votre mariage…
C’est dans mon village des Moitiers que nous nous sommes mariés le 11 octobre 1730. Comme tu peux le voir sur l’acte, ni l’un ni l’autre nous ne savons signer et il en est de même pour les deux beaux-frères de Marie Thérèse. Seuls signent son frère David et son père, au paraphe bien affirmé. De mon côté, aucun témoin n’est mentionné bien que nous soyons aux Moitiers. Comme tu t’en doutes, la famille de Marie Thérèse fait partie des notables du lieu, ce qui n’est pas le cas de la mienne et puis mes parents n’étaient plus de ce monde depuis longtemps.

Parle-moi de vos enfants…
J’ai donné naissance à sept enfants mais à l’inverse de mes parents, nous avons eu six garçons et une seule fille. Tous sont nés aux Moitiers où je suis venue habiter après notre mariage.
- Jean François est né le 7 mai 1732, porté sur les fonts baptismaux par Jean François ROUBELOT, le curé de l’Isle-Marie à Picauville et Louise Marie LEDANOIS mais je ne sais pas si ce sont des parents de Jean.
- Jean Félix a vu le jour le 2 juillet 1734, nommé par Charles et Françoise ROUBLOT, frère et sœur. Mais là encore, j’ignore s’ils ont un lien de parenté avec Jean. Mais nous avons eu le chagrin de le perdre à 16 ans, le 5 janvier 1751.
- Nicolas est venu au monde le 23 avril 1738 et a eu pour parrain et marraine, Charles Raphaël LAGOUCHE et Jeanne LEDANOIS. Celle-ci est une cousine par alliance de mon mari et le parrain est sans doute aussi de sa famille.
- C’est sans doute, entre 1739 et 1743, qu’est né Raphaël dont tu n’as pas retrouvé l’acte de naissance.
- Puis, j’ai accouché de Charles, ton ancêtre, le 3 janvier 1744.
- Notre unique fille, Anne Thérèse, est venue au monde, le 4 novembre 1746, nommée par Anne MESNAGE et Dauphin François, son frère, venus d’Etienville.
- Et puis notre petit dernier, Vincent, est né le 8 avril 1749, porté sur les fonts baptismaux par Vincent Hyacinthe LETRECHER et Jeanne LEGASTELOIS.
Ce que Marie Thérèse n’a pas pu te dire…
Elle n’a pas pu évoquer la funeste année 1751 où une terrible maladie, après avoir emporté Jean Félix, le 5 janvier, a terrassé, le 20 janvier, ma chère femme, âgée de quarante-deux ans, puis ce fut le tour de notre aîné, Jean François, le 22 février et enfin de notre petit Vincent qui n’avait pas deux ans, le 23 février.
Le 4 mai 1751, je me suis remarié avec Jeanne JEANNE, âgée de 21 ans, fille de feu Guillaume et de Marie Magdeleine LEGASTELOIS. Elle avait pour témoins, sa mère et sa cousine, Germaine Marie Charlotte LEGASTELOIS, épouse de Jean JEANNE et moi, j’étais assisté par Jeanne LEMONNIER, épouse de Louis LAGOUCHE, mon cousin germain. Auparavant, nous étions allés chez le notaire de Picauville pour passer un contrat de mariage que j’espère tu réussiras à retrouver.
Ensemble, nous avons eu trois enfants, François Hyacinthe en 1752, Marie Scolastique en 1754 et notre benjamin, Jean Thomas en 1757 mais qui n’a hélas, vécu que deux mois.
Qu’est-il advenu par la suite…
Jean a survécu six ans à Marie Thérèse qu’il a rejointe dans l’au-delà, le 5 février 1757, âgé de 55 ans. Sur certains actes son nom est écrit, comme ici, « de LA GOUCHE », mais je doute fort qu’il puisse s’agir de la particule « de » nobiliaire qui se serait ensuite perdue.

Il n’a donc pu assister à aucun des mariages de ses enfants dont la plupart, ont eu lieu aux Moitiers.
Le 22 juillet 1763, leur fils Nicolas a épousé Marie dite Boucherot JEANNE puis après son décès, il s’est remarié, le 30 janvier 1783, avec Marie Anne PARCHEMAL. Le 14 février1775, c’est leur fille Anne Thérèse qui convole avec Marin Joseph ANDRE. Et en 1778, ce sont les noces de mon ancêtre Charles avec Anne Marie Marguerite MARION, le 10 janvier, et celles de Raphaël dont je ne connais que le mariage, le 17 novembre, à Gourbesville, avec Jeanne Charlotte BLAISOT.
Quant aux enfants qu’il a eus avec sa seconde épouse, Marie Scolastique s’est mariée avant le 17 octobre 1778, sans doute à La Bonneville où elle a eu un fils avec Jean Gabriel Athanase VARIN. Et son frère François Hyacinthe a épousé, à Nehou, le 17 octobre 1778, Marie Françoise COUPPEY puis le 28 novembre 1780, à Prétôt, Véronique Marguerite DEMAISONS et enfin, après 1787, Jeanne Marguerite HEUSEY.
Ce que j’aimerai découvrir sur eux…
Pour l’instant, je n’ai aucun acte notarié les concernant. Mais peut-être que le contrat du remariage de Jean dont j’ai trouvé les références, m’apportera des informations, au moins en ce qui concerne son métier qui n’est mentionné dans aucun des actes paroissiaux. Y-a-t-il eu un contrat pour son mariage avec Marie Thérèse ? On pourrait penser que celle-ci a été dotée par ses parents qui en avaient sûrement les moyens – même s’ils avaient quatre filles à pourvoir – et devaient souhaiter assurer ces biens dotaux. Mais pour l’instant le seul contrat dont j’ai trouvé la date est celui de son frère David. Des recherches à poursuivre…
je suppose que le patronyme Lagouche est une palatalisation de Lagouge…
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