Benoist MARTIN et Susanne COLLOMBE, 2ème partie

Et voilà le résultat de ma quête pour tenter de découvrir l’ascendance de ce couple dont je vous ai parlé ici.

Famille MARTIN

Il n’y a hélas qu’un seul parrain qui porte ce nom, Loys MARTIN, en 1597. C’est un patronyme bien présent à Manosque et dans les relevés, j’ai trouvé trois potentiels Loys MARTIN. Je n’ai pas retenu celui qui s’est marié en 1619, me paraissant un peu trop jeune. Reste donc Loys MARTIN, fils de feu Vincens qui s’est marié en 1566 avec Collombe RABETE et pour lesquels, je n’ai pas trouvé d’enfants. Et puis Loys MARTIN, fils de défunt Estienne qui épouse Catherine POURCIN, originaire de Villemus, fille de Sperit, en 1592.

Ce dernier m’inspire puisqu’il y a Jehan POURCIN et André POURCIN de Villemus, parmi les parrains, même si c’est l’épouse qui porte ce nom. J’ai creusé cette piste et leur ai découvert quatre enfants, Jeanne, née en 1595, Anne en 1598, Christol en 1603 et Estienne en 1606. Hélas aucun n’ont pour parrain et marraine, mes ancêtres. La naissance de Jeanne donne une information précieuse. Sa marraine est sa « mère grand », Marguerite BERARDE. Et j’ai trouvé le testament d’Estienne MARTIN, le 25 mai 1590. Celui-ci est cordonnier, fils de défunt Lazare, cordonnier, époux de Marguerite BERARDE et père d’Isabelle, Marguerite, Jehan et François. Cela aurait été trop beau que Benoist soit rajouté à cette fratrie… mais en même temps, ce n’est pas exclu qu’il en soit, car Loys n’est pas cité non plus, alors qu’il a les mêmes parents. Je me dis que ce sont sans doute les quatre plus jeunes enfants qui ne sont pas encore pourvus d’un métier ou d’une dot qui sont cités.

J’ai bien sûr cherché des informations sur cette fratrie et les ai tous retrouvés ! Isabelle se marie, par contrat, le 2 août 1592, avec Lois VERGIER avec qui elle a au moins deux enfants. Marguerite se marie avec Noël AUDOUIN dont elle a deux enfants, en 1610 et 1613. Jehan fait son testament, le 10 septembre 1590, avant de « partir à la guerre pour le service du Roy », léguant ses biens à sa mère et ses sœurs. J’ai bien peur qu’il n’en soit pas revenu car je ne le retrouve pas après. Et enfin François se marie, par contrat, avec Marguerite PAYANNE, le 21 septembre 1608 et je lui connais une fille qui se marie en 1637. Mais toujours pas trace ni de Benoist ni même de Loys, parmi les témoins ou parrains…

Puis j’ai déniché un partage entre Estienne et Vincens MARTIN, tous deux fils de Lazare, le 8 novembre 1555. Alors si le Loys, parrain de mon Honorade, n’est pas celui fils d’Estienne il peut être Loys, fils de Vincens, tous deux étant donc cousins.

D’autre part, Benoist n’étant pas un prénom fréquent, j’ai aussi été interpellée par cet acte, trouvé sur Geneanet, cité dans « Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 : Basses-Alpes« , en date du 5 novembre 1585.

Villemus n’est qu’à 11 km de Manosque et puis il y a ces parrains POURCIN, notables de cette commune… La famille vivait peut-être entre les deux et Benoist était peut-être propriétaire à Villemus ? Malheureusement il n’y a pas de registres, antérieurs à 1608 pour cette commune et j’ignore l’état d’avancement des dépouillements des registres notariés tout comme ceux de Manosque d’ailleurs.

Extrait de la carte de Cassini

Je n’ai donc aucune preuve pour l’ascendance de Benoist mais j’ai au moins ces deux pistes qui se débloqueront peut-être un jour, notamment si je peux voir le contrat de mariage de Estienne MARTEL et Delphine MARTIN qui me révélera peut-être des parents signataires ou cette ordonnance des syndics de Villemus...

Famille COLLOMBE

Ce patronyme, avec ses variantes, COLLOMB, COLOMBY, COLLOMBY, COLUMBY… est lui, présent plusieurs fois parmi les parrains et marraines et j’ai réussi à les rattacher entre eux dans une même famille dont le père est Jacques COLOMBY, dit « de Brignolle« , dans un acte et surtout toujours dit médecin.

En plus de ces cinq COLOMBY/COLLOMBE, parrains et marraines des enfants MARTIN, j’ai découvert que Benoist MARTIN est parrain d’Honorade PATRON, fille de Jehanne COLLOMBE, le 12 février 1600.


Une femme donnant naissance sur une chaise d’accouchement, Eucharius Rösslin, 1515.

C’est un baptême qui aurait dû être joyeux parce que ce n’était pas un, mais deux bébés qui étaient baptisés, ce jour là, Honorade ayant un frère jumeau, Jehan. Mais si les bébés n’ont pas été ondoyés dans l’urgence, je crois malheureusement comprendre que Jehanne, leur maman, est décédée en accouchant car sur ce premier des deux actes, je lis « feu » devant son nom. Elle a 31 ans.

Cela m’a d’autant plus émue que je me demande si ma Susanne n’a pas eu le même bien triste sort. Son vécu des maternités précédentes lui ont sûrement fait pressentir qu’elle portait deux bébés ? J’imagine alors l’angoisse du couple en pensant à Jehanne. Susanne a dû souvent aller prier Notre-Dame de Romigier. Si on estime qu’elle a 20 ans à la naissance de sa première fille, en 1583, cela lui ferait 44 ans à la naissance gémellaire, après huit autres accouchements… Elle n’est pas dite « feue » au baptême, mais a-t-elle pu se remettre de cet accouchement, sûrement bien risqué à cette époque ? Je n’ai pas trouvé son décès et rien ne me permet de savoir si elle est toujours en vie entre la naissance de ses jumelles, en 1607 et le mariage de Delphine, en 1618 où elle est dite défunte.

En même temps, pour me rassurer, j’imagine que si Susanne est décédée des suites de cet accouchement, Benoist, ayant encore cinq enfants de moins de dix ans, se serait remarié, ce qui n’est pas le cas puisqu’il est dit « mary de feue Susanne COLLOMBE » à son décès. Alors espérons que si cet accouchement a sûrement du être difficile et épuisant, il n’ait pas mis sa vie en danger.

Je me suis aussi demandé si ces deux naissances gémellaires pouvaient être un indice pour relier Susanne à cette famille COLLOMBY/COLLOMBE. Dans le cas des jumeaux dizygotes – c’est le cas de Jehanne – la survenue de grossesses gémellaires est principalement liée à l’hérédité maternelle. Mais l’âge maternel avancé de la mère est aussi un facteur important dans la fréquence plus élevée de jumeaux non identiques car en raison de l’activité hormonale, à partir de 35 ans, il est plus probable d’avoir deux œufs dans le même cycle. En revanche, les jumeaux monozygotes résultent d’un événement aléatoire qui se produit lors de la fécondation, ce qui rend leur héritabilité moins prévisible. Pour les jumelles de Susanne, on ignore, bien sûr, si elles sont monozygotes ou dizygotes. Au vu son âge, la seconde hypothèse serait plus probable. Mais du coup quelle est la part héréditaire ou celle liée à l’âge dans cette naissance ? Cela restera un mystère mais cette petite possibilité d’hérédité et donc de sororité entre Jehanne et Susanne me plaît bien.

Pour compléter mon enquête sur cette famille, je viens de découvrir, en cherchant des informations sur Jehanne de LAVENTURE, épouse de Claude COLLOMBY, que cette famille de LAVENTURE mais aussi… la famille COLOMBY sont étudiées sur le site « Anciennes familles de Provence ». Les COLOMBY, alias COLOMBI, sont une famille de médecins installée à Manosque qui serait originaire du Comtat Venaissin. Voilà qui est bien intéressant. Je serai ravie de me raccrocher à cette famille de médecins à la Renaissance. Certes, ma Susanne ne figure pas dans ce document mais il y a deux enfants que j’ai trouvés dont Jehanne, qui n’y sont pas non plus mentionnés. Le site ne donne pas de données sur l’ascendance de Jacques COLOMBY.

Et je suis ravie et fière d’en connaître un peu plus puisque Jacques COLOMBY est dit « de Brignolle« , sur l’acte de baptême de Pierre MARTIN, en 1588. Je suis bien sûr allée voir si je trouvais son mariage avec Honorade d’EMPUSSE ou d’AMPUS, dans la commune de Brignoles, située dans le Var. Malheureusement, il n’y a pas d’acte de mariage avant 1596 mais les baptêmes commencent en 1536. Voilà des registres qu’il me reste à parcourir, page après page. Peut-être que j’y découvrirai, Laure et Honoré, les aînés du couple dont je n’ai pas trouvé les naissances à Manosque et qui sait… aussi Susanne. Et je viens tout juste de voir que les répertoires notariaux de Brignoles sont en ligne et même apparemment certains registres. Mais bon, ce que j’en ai aperçu, me parait bien au-dessus de mes petites compétences paléographiques…

Extrait de la carte de Cassini

En conclusion

Je ne suis pas remontée plus haut sur cette branchette de mon arbre, mais ces pistes me laissent espérer… Et en écrivant cet article, en effectuant toutes ces recherches, j’ai pu agrandir la famille, j’ai été bouleversée de savoir qu’ils auraient tous pu périr de la peste noire, j’ai partagé l’inquiétude de Susanne pour son dernier accouchement, j’ai découvert un nouveau métier avec Benoist… Tout cela m’a rendu ce couple beaucoup plus proche et très attachant malgré environ 400 ans qui nous séparent.

Sources

Cercle Généalogique des Alpes de Haute Provence

Une réflexion sur “Benoist MARTIN et Susanne COLLOMBE, 2ème partie

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