G comme… GOUSSE

C’est encore à Paris, et plus précisément, à Belleville que je vous emmène découvrir mes ancêtres vignerons dans la famille GOUSSE, apparentée aux CHAUDRON.

Simon GOUSSE, sosa 3500

J’ignore quand il est né. C’est lors de son probable contrat de mariage, passé à Paris, le 11 août 1627, avec Perrette SOUCHET, fille de Thomas et de feue Perrette FREMY, que j’ai découvert qu’il est le fils des défunts Jean GOUSSE et Louise de ROSNY. Simon est dit vigneron comme son beau-père et tous deux demeurent à Bagnolet.

Il me reste un doute concernant ce premier mariage et donc la filiation de Simon. Sa signature sur ce contrat est voisine mais pas identique à celle de 1643. Est-ce bien lui ou un autre Simon GOUSSE ?

Contrat de mariage, en 1627
Tutelle de ses beaux-enfants en 1643

Ce dont je suis sûre le concernant, c’est qu’il a eu au moins trois enfants, Catherine, Barbe et Denis qui sont dits frère et sœurs. Je suis sûre que Denis est le fils de son remariage avec Simonne LECOUSTEUX, fille de Nicolas et de Guillaumette RICHER. Cette dernière est veuve de Pierre CHAUDRON, décédé le 25 septembre 1642 et mère de cinq enfants. Lors d’un acte de tutelle de ses enfants mineurs, le 11 avril 1643, Simon est dit « son accordé » et par un autre acte, du 29 juin 1643, Simonne est dit « a present sa femme ».

Mais la filiation maternelle de Catherine et Barbe me paraît plus incertaine. Sur un arbre Geneanet, très documenté, avec de nombreux extraits d’actes notariés, Catherine est dite fille de Simon GOUSSE et de Perrette SOUCHET mais je n’en vois pas la preuve. Elle épouse le 22 avril 1653, à Pantin, Louis PITHOUIN, vigneron, mais hélas, le relevé n’est pas filiatif. Et Barbe ainsi qu’un Nicolas que l’on ne retrouve pas par la suite, seraient les enfants de Simon et de sa seconde femme, Denyse DOUREST, avant son remariage avec Simonne LECOUSTEUX mais là encore, je n’ai pas trouvé cela, mentionné dans un acte. Ce qui semble cependant confirmer cette hypothèse d’un autre mariage, c’est que sa fille Barbe se marie, le 4 mai 1649, avec Louis CHAUDRON, fils de Pierre CHAUDRON et de Simonne LECOUSTEUX qui est donc son demi-frère, le mariage aurait été impossible si Barbe était la fille de Simonne mais elle aurait pu être celle de Perrette SOUCHET, comme Catherine. Il me faut encore chercher de nouveaux actes notariés pour confirmer cette composition de sa famille.

Denis GOUSSE, sosa 1750

Il est né vers 1644, fils de Simon et de Simonne LECOUSTEUX, son épouse en troisièmes noces. Il est le seul enfant de ce couple mais il a deux demi-sœurs et un demi-frère du côté de son père et cinq demi-frères du côté de sa mère.

Vers 1665, il épouse Catherine CHAUDRON, fille de Louis, marchand et laboureur et de Blanche BARDOU.

Le couple donne naissance à deux filles, Simone vers 1663 et Marguerite dont je descends, vers 1666. Mais son épouse décède avant 1669. Denis se remarie, vers 1670, avec Jeanne FAUCHEUR, fille de Léger et de Catherine HEBERT. Ils auront trois filles et trois garçons. Son inventaire après décès, du 28 mars 1722, permet de reconstituer toute sa famille.

Hormis Simonne dont je ne connais l’existence que par sa mention dans un acte de partage, en 1669, dans lequel Denis GOUSSE est dit « père et tuteur de Simonne et Margueritte Gousse enfants mineurs de lui et de défunte Catherine Chaudron jadis sa femme« , Denis a vu grandir tous ses enfants et a pu être présent à leurs mariages. Leurs signatures affirmées sur son inventaire après décès du 28 mars 1722, témoignent qu’il a eu à cœur, de leur procurer une bonne éducation, aux filles comme aux garçons, peut-être donnée aux plus jeunes par leur frère Ambroise, maître d’école, resté célibataire.

Selon les actes, il est plutôt dit laboureur. Mais grâce à cet inventaire après décès, j’ai vraiment confirmation qu’il est bien à la fois laboureur, cultivant des céréales, et vigneron. La liste des outils, matériaux et production est particulièrement détaillée, comme rarement. Un régal ! Mais comme ceux-ci sont dispersés tant « dans la salle servant de cuisine, dans la cave, la grange, le bûcher où est le pressoir », j’ai préféré les trier et rassembler par leurs usages. Certains mots me restent énigmatiques mais c’est plutôt leur signification qui me manque qu’un problème de déchiffrage, l’écriture de cette partie de l’inventaire étant, par chance, plutôt facile à lire, pour cette partie du moins.

Les outils essentiellement pour le travail du bois

« Une grande scie garnie de son fut, une petite scie a couteau garnie de son manche, une petite gouge, un marteau, trois coins de fer avec le maillet de bois, seize planches de différentes grandeur et de différend bois, trois planches de bois de chene et sapin de différentes grandeurs, vingt huit solives de bois carrés non scellés servant de … ». « Une paire de triquoises » laisse à penser qu’il a peut-être un cheval, bien qu’il n’en soit pas fait mention.

Les outils et produits de la terre

« Trois terriers, un arrosoir, un croissant [faucille servant à couper le blé], trente deux pieces de differents outils servant a cultiver la terre garnies de leurs manches de bois, ne paire de grand pagniers a foin d’osier blanc un vieux chevalet de bois deux fauchets et une fourche à fumier et une pele à main, six boisseaux d’orge battus et vannés, vingt gerbées et deux bottes de playon (?), trois vieux sacs de treillis tenant chacun douze a quinze boisseaux et un boisseau de mesure avec un vieux crible, une paire de crochets et une paire de paniers à fumiers garnies de leurs … une poulie de bois garnies de sa chappe de fer et une corde de fille servant à monter le grain. »

Les outils et produits de la vigne

Les travaux de la vigne – gravure de Pierre de Crescens

« Un ciseau, une grande serpe, une hotte, un panier a claire voye, un petit carillon, le tout d’osier blancq, un poullain servant a … le vin, trois cuviers de differentes grandeurs, une demy queue de vin clairet du cru de Belleville et environs de la cuvée de l’année dernière lesquels apres avoir esté … et goutté par les partyes et par led. Sieur huissier priseur reconnu estre bon vin loyal, sept de chantiers de différents bois, deux cuves sur leurs chantiers de bois garnies de leurs cerceaux de bois, cuvant dix a onze muids de vin chacune garnies de leurs cannelles  de bois, une paire de bachoues [cuves de bois d’une contenance de 35 litres qui allaient par deux pour s’adapter au bat d’un âne pour transporter le raisin de la vigne au cellier] et deux hottes dhosier battus servant à porter les vendanges garnies de leurs bretelles, deux bas cuviers servant aux cannelles des cuves, une tonne, un petit pressoir a vin garnie de sa huche de son mavin  et cuvier pressoivant environ un muid de vin, vingt molles d’osier [Botte d’osier fendu dont se servent les vanniers et les tonneliers], trois échelles de différentes grandeurs avec un chable de chanvre servant a tirer le vin de six a sept toises de longueur.« 

L’acte détaille bien les différentes composantes du pressoir. Ces éléments sont souvent en bois, notamment en chêne, pour résister à la pression et aux acides du raisin.

  • La huche : C’est la partie du pressoir où est placé le raisin à presser. Elle est souvent munie d’une cage ajourée pour permettre l’écoulement du jus.
  • Le mavin : Il s’agit d’un plateau ou d’une grille qui supporte le raisin dans la huche. Il permet de séparer le jus du marc.
  • Le cuvier : C’est le récipient où s’écoule le jus pressé. Il est généralement placé sous la huche pour recueillir le moût directement.

C’est donc, âgé d’environ soixante et onze ans, que Denis GOUSSE quitte ce monde laissant un bel héritage à ses enfants, tant par ses revenus que par ses savoir-faire qu’il leur aura sûrement transmis. Mon ascendance quitte ce patronyme, avec sa fille Marguerite que l’on retrouvera dans un autre article.

Sources

Inventaire après décès de Denis GOUSSE, MC/ET/XXXVII/6

Histoires d’outils artisanaux

3 réflexions sur “G comme… GOUSSE

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