Quentin FRERET et Adrienne DAMIEN, sosas 256 et 257

Avec cet article, j’entre dans la présentation de mes ancêtres normands de la 9ème génération. Et sur ce couple, je sais bien peu de choses.

Quentin, au fil des actes…

J’ai d’abord fait connaissance avec Quentin FRERET avant de découvrir qu’il était le père de mon ancêtre Jean dit Clainville. Ma première rencontre avec lui, c’est en mai 1691, dans le notariat de Picauville, lorsqu’il est dit oncle et tuteur de Marguerite FRERET, fille de défunt Jean et de Catherine LENOURRY, lors du Conseil de famille, avant son mariage avec Gilles ADAM. Mais curieusement, si Quentin est le premier de ma 9ème génération, c’est à la 10ème génération que se situe Marguerite, alors que c’est sa nièce.

Je me suis donc mise en quête d’actes concernant ce Quentin, frère de Jean. Il est décédé le 18 janvier 1708, âgé d’environ 65 ans. Il est donc né vers 1643, sans aucun doute à Picauville, certainement au hameau de Clainville. Hélas, c’est en plein dans la lacune entre 1636 et 1648.

J’ai découvert ensuite que Quentin était aussi frère de Jacques, époux de Fabienne BAUDOUIN, dans l’inventaire après décès de ce dernier, le 15 septembre 1683. Parmi la liste de ses papiers, j’ai trouvé notamment :

« Item deux sentences de la renonciation des frères à la succession de leur pere exercés au ple… de Valgones [Valognes], les dix neuf et vingt huitiesme d’avril mil six cents soixante et douze avec un exploit et signification d’icelle et … … la signification d’icelle à l’issue de la grande messe de Picauville.« 

« Item un bail du fait de Jacques et Cantin FRERET au benefice de Nicolas LARGEMAINS pour neuf ans d’une piece de terre nommée Les Landes au prix de vingt livres par an passé devant Barbey nottaire le vingt et sixiesme de decembre mil six cents quattre vingt. »

« Item le contract de mariage dud. defunt Jacques FRERET avec Fabienne BAUDOUIN en datte sous fait privé du trente de janvier mil six cent quattre vingt deux sans endos lequel a eté rendu du consentement de Cantin FRERET tuteur. »

15 septembre 1683 – Quentin ne sait pas signer.
AD 50 – Picauville Notariat 5 E 10692 N°104

J’en déduis donc que Quentin est plus âgé que Jacques et que Jean, sans doute l’aîné de la fratrie, est décédé. J’ai pu aussi retrouver le contrat de mariage de Jacques où je découvre qu’ils sont fils de défunt Pierre FRERET, Sieur de Clainville, et de Jeanne YON.

AD 50 – Picauville Notariat 5 E 10692 N°82

Dans un acte du 2 mai 1674, passé en la Généralité de Caen et trouvé aux Archives Nationales, Jeanne HARDY, veuve d’un Jacques FRERET que je n’identifie pas, est redevable d’une rente qu’elle doit au Roi, pour des terres qu’elles possèdent à Picauville, au hameau de Clainville. Toutes ces pièces de terre sont localisées, par celles qu’elles jouxtent. Et parmi ses voisins, j’ai retrouvé nos trois frères, propriétaires du Clos de la Mare.

AN – Q1 645/3 518

Le 20 mars 1680, Quentin est témoin, son frère Jacques est parrain et Adrienne est marraine de Joseph, fils de Michel FRERET et de Jacqueline BUHOT. Aucun des trois ne signent alors que Michel a une signature affirmée et reconnaissable. Le 22 juillet 1689, Quentin est témoin au décès de cette dernière. Et le 24 février 1690, c’est Michel qui est témoin au décès de Mathias, fils de Quentin et Adrienne. Je suis sûr qu’il y a un lien de parenté entre Quentin et Michel, fils Marin et Marguerite LESACHE, d’autant que Michel est cité comme parent au Conseil de famille, précédant le mariage de Marguerite FRERET en 1691. Mais quel est ce lien ?

Le 16 mars 1703, Quentin fils Pierre a vendu à Marin Le Fauconnier : « une pièce de terre du contien de trois vergéez ou viron telle qu’elle contient … ses hayes et clostures, scise audit lieu de Picauville, triage de Pont l’Abbé qui jouxte et bute, du levant Gisles YON escuier, du couchant Nicolas Scelles, Sieur du Longprey, du midy la voye dudit lieu de pont l’Abbé à l’église dudit Picauville et du septentrion la voye appelée la Chasse verte […] tenüe de la Sainte Chapelle du Palais Royal en exemption de toutes charges et … fort droits et deboires seigneuriaux […]. La ditte vente faite pour le prix de trois cent vingts livres de laquelle somme et de son consentement il est demeuré aux mains dudit Sieur acquéreur la somme de six livres pour continuer amortir six livres de nature.. sont au trésor, pb(rest)re et clergé de l’église de Picauville. »

Extrait du Cadastre Napoléonien – AD 50 Picauville TA, 1810

Adrienne, d’où vient-elle ?

J’en sais encore moins sur Adrienne DAMIEN qui est décédée, le 21 juin 1702, à Picauville, sans que son âge soit mentionné sur l’acte. Peu de chances qu’elle y soit née, son patronyme n’y étant quasi pas présent. J’ai bien sûr regardé si des témoins ou parrains/marraines se nommaient DAMIEN. J’en ai trouvé deux. Jacques DAMIEN est témoin au mariage de Jean FRERET dit Clainville et Louise COUPPEY, le 28 juillet 1722. Malheureusement, aucun lien de parenté n’est mentionné mais par chance il signe. En recherchant sur Geneanet, je pense l’avoir identifié, il s’agit de Jacques DAMIEN (ou DAMIAN) de Tourville qui signe en 1698 au décès de Michel DAMIAN. Il a pour épouse Marie RAYNEL.

Tourville, 2 février 1698
Picauville, 28 juillet 1722

Et cette piste se confirme avec Jean DAMIEN, parrain de Jean Louis FRERET, le 21 août 1723. Il est dit acolyte, demeurant à Tourville. Je retrouve celui-ci, le 10 décembre 1723, clerc, au mariage de Jeanne DAMIEN. Il n’est pas précisé qu’il est le frère de l’épouse comme c’est le cas de deux autres frères mais il l’est sûrement. Jeanne DAMIEN est la fille, née en 1693, de Jacques et de Marie RAYNEL qui ont bien un fils Jean, né en 1698 et qui ne s’est pas marié.

Picauville, 21 août 1723
Tourville, 10 décembre 1723

Je peux donc faire l’hypothèse plausible qu’Adrienne est originaire de Tourville. Elle pourrait être la sœur ou la tante de Jacques DAMIEN. Le premier enfant que j’ai trouvé de son mariage avec Marie RAYNEL est né en 1692, mais ils en ont peut-être eu avant. Malheureusement les registres ne commencent qu’en 1692. Je n’ai donc pas pu trouver leur mariage. À celui de leur fils Jacques, en 1734, il est dit Maître, laboureur, domicilié à Saint-Sauveur-le-Vicomte mais leurs enfants sont bien nés à Tourville.

Sur l’arbre de Geneanet « lemon50 », très fiable, Jacques est dit fils d’Estienne et de Marguerite LENFANT, marié, le 17 novembre 1657, à Valognes. Et Estienne, décédé, le 9 décembre 1699 à Ozeville, serait le fils de Jean et de Laurence LANEELLE, mais ces données ne sont pas sourcées. Adrienne pourrait être une fille aînée ou une jeune sœur d’Estienne. Peut-être une piste à creuser, avant de la valider…

Ce petit village (petit point rouge) que l’on ne retrouve plus sur les cartes actuelles, se trouve à environ 20 km au nord de Picauville et dépend du canton de Montebourg dont le notariat ancien n’existe hélas plus.

Carte générée par Géoportail
Extrait de la Carte de Cassini – Géoportail

Leur mariage…

Je ne l’ai pas retrouvé dans les registres paroissiaux de Picauville, avant 1679, année de naissance du premier enfant que je leur connais. Il a sans doute eu lieu à Tourville mais y sera donc introuvable. Peut-être le découvrirai-je un jour, dans le notariat de Valognes, très long à parcourir, sans connaître l’année ?

Adrienne, parle-moi de vos enfants…

J’ai mis au monde huit enfants, mais le sort c’est acharné sur notre famille car seuls deux d’entre eux ont atteint l’âge adulte. Quel chagrin de voir ainsi nos petits perdre la vie, les uns après les autres !

  • Pierre est né le 16 mai 1679, porté sur les fonts baptismaux par son oncle Jacques FRERET et damoiselle Marie AVOINE, veuve de Jean YON, sieur du Quesnay. Mais hélas il décède le 11 juillet.
  • Hervieu Candide a vu le jour le 15 août 1680. Ses parrain et marraine ont été Hervieu et Anne LEFAUCONNIER. Il nous a été repris, à 10 mois, le 29 juin 1681.
  • Notre deuxième petit Pierre a été baptisé le 8 août 1682, nommé par Pierre LEGOUEST et damoiselle Marie AVOINE. C’est à 14 ans qu’il rejoint ses frères, le 11 avril 1697.
  • Notre première fille, Jeanne a été portée sur les fonts baptismaux par Jean YON et damoiselle Jeanne YON, le 26 avril 1685. Tu me dis qu’elle est sans doute décédée le 8 mars 1762 bien qu’aucune indication ne permette d’être sûre qu’il s’agit bien de son décès, pas de filiation, ni de mention d’un époux, ni de parents témoins. Ce qui te permet d’en faire néanmoins l’hypothèse, c’est qu’elle est dite âgée d’environ 75 ans, donc née vers 1687 et qu’il n’y a pas d’autre naissance à Picauville qui pourrait correspondre. Je suis ravie de penser qu’elle a pu avoir une si longue vie.
  • Puis c’est la naissance de ton ancêtre Jean dit Clainville. Il a vu le jour le 2 septembre 1687 et tu m’apprends qu’il s’est marié, le 28 juillet 1722, avec Louise Marguerite COUPPEY. Quel bonheur !
  • Mathias a été mis au monde, le 24 février 1690, nommé par Thomas ADAM et Marie YON, mais n’a vécu que 12 jours, rejoignant ses frères dans l’au-delà, le 12 mars 1690.
  • Tu me dis que tu n’as pas retrouvé le baptême de notre petite Marie qui nous a été ravie, le 20 janvier 1707, âgée de 12 ans, donc née vers 1695. Heureusement, je ne l’ai pas su.
  • Notre benjamine, Marguerite est née le 17 août 1697, nommée par Jean de LAHOUGUE et Marguerite FRERET, la nièce de Quentin. Tu me dis que tu n’as pas trouvé le décès de notre petite dernière. Je rêve qu’elle ait pu atteindre l’âge adulte…

Leur fin de vie…

On a donc déjà vu qu’Adrienne s’est éteinte la première, le 21 juin 1702, lors leur plus jeune fille n’avait que 5 ans. Quentin l’a rejointe le 16 janvier 1708. Il n’aura pas su que son seul fils, ayant atteint l’âge adulte, s’est marié et a fondé une famille. Quentin est le seul des trois fils de Pierre FRERET et Jeanne YON, qui a transmis le patronyme jusqu’à nos jours.

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